Rwanda: enquête ouverte en France sur un présumé génocidaire

Rwanda: enquête ouverte en France  sur un présumé génocidaire

Une information préliminaire a été ouverte par le parquet antiterroriste, en France, pour “crimes contre l’humanité” contre Aloys Ntiwiragabo, qui fut le chef des renseignements militaires rwandais durant de génocide des Tutsis en 1994. Il est considéré comme un des membres de l’ »akazu » (petite maison), soit l’entourage du défunt président hutu Juvénal Habyarimana, qui avait préparé le génocide pour éviter de devoir partager le pouvoir avec la rébellion armée du Front patriotique rwandais (FPR), essentiellement tutsi, comme le prévoyaient les accords de paix d’Arusha.

La présence de Ntiwiragabo en France – qui abriterait, selon le journal Libération, une centaine de génocidaires présumés – a été révélée vendredi dernier par une enquête de Mediapart. L’homme vit dans les faubourgs d’Orléans avec son épouse. Arrivée en France avec ses deux enfants en 1998, celle-ci avait obtenu l’asile politique l’année suivante et la nationalité française en 2005. Elle avait ensuite modifié son nom de famille, Nikuze, pour celui de Tibot.

Le général major Ntiwiragabo appartenait aux cercles extrémistes hutus du pouvoir. Il a commandé la gendarmerie jusqu’en 1993, puis le renseignement militaire. Il était aussi chef d’état-major adjoint de l’armée du génocide.

Comme nombre de responsables du génocide, l’officier avait fui le Rwanda devant le FPR, à la mi-1994, pour gagner le Zaïre, puis le Kenya en 1996, ensuite le Sud-Soudan avant d’arriver en France.

Fondateur des FDLR

Selon le Collectif des parties civiles pour le Rwanda, Ntiwiragabo est aussi un membre fondateur des FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda), groupe armé formé de différentes factions de génocidaires et resté attaché à l’idéologie du génocide, qui est depuis le début du siècle un des principaux fléaux du Kivu (est du Congo), où ses membres ont fui à la défaite du régime génocidaire ou y sont nés de parents fuyards.

L’ancien officier n’a cependant pas été arrêté, en l’absence de mandat d’arrêt national ou international à son encontre. Le Tribunal pénal international pour le Rwanda l’avait un temps recherché, avant de recentrer son action sur d’autres présumés génocidaires.

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