Opinion: RDCongo: tension au sein de la coalition FCC-CACH, à qui profite la crise ?

Opinion: RDCongo: tension au sein de la coalition FCC-CACH, à qui profite la crise ?

Par Martin MULUMBA.

Docteur et chercheur en Droit Public de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

 

Depuis sa formation, la Coalition FCC-CACH a beaucoup plus fonctionné comme un duel que comme un duo derrière le chef de l’Etat congolais. Les acteurs de cette alliance, censée soutenir la vision de Félix Tshisekedi, se sont distingués par des déclarations confirmant non seulement qu’ils n’ont pas un même objectif, mais qui témoignent des fondements fragiles d’une coalition contre nature.

Du côté du Front commun pour le Congo, le calcul semble être clair : jouer le temps, se préparer pour revenir, bien que leur autorité morale soit physiquement partie mais sans vouloir réellement partir. Ses partisans multiplient les stratégies et affichent une assurance parfois démesurée; ils se moquent, et souvent à haute voix, de ce qu’ils qualifient « d’amateurisme » de leurs partenaires du CACH. Ils misent sur la division au sein de l’UDPS et sur l’arrestation de Vital Kamerhe pour fragiliser le président Félix Tshisekedi. Ils cherchent à démontrer tous les jours l’incapacité de celui-ci à être l’homme de l’unité au sein de sa famille politique et de son alliance avec l’UNC. Bref, montrer au peuple qu’il n’est pas l’homme de la situation et surtout pas l’homme qu’il faut pour 2023 !

Pour les partisans du CACH, ils accusent clairement leurs alliés du FCC de ne pas être sérieux, de ne pas vouloir la réussite du président Tshisekedi et de tout faire pour le bloquer. Le but de la manœuvre : l’empêcher d’agir afin qu’il n’ait pas de bilan défendable lors de la campagne de 2023. Qu’il échoue comme ils l’ont fait constitue l’objectif de tous les blocages et sabotages organisés contre Félix Tshisekedi.

Devant cette situation décriée par plusieurs observateurs, le peuple semble averti et tente de se prendre en charge. Il refuse clairement d’être l’otage éternel d’une classe politique essentiellement constituée d’opportunistes et de trafiquants politiques, qui ont fait de la politique un fonds de commerce.

Cette attitude risque de réveiller la colère qui était palpable dans ce pays en 2018. Le FCC, sauvé in extremis par l’accord de coalition avec CACH, pense, à tort, que le peuple a oublié tous les méfaits de 18 ans de gabegie financière, d’autoritarisme politique, de tracasseries de tous ordres, d’atteintes aux droits de l’Homme.

La désignation contestée de Ronsard Malonda à la tête de la Commission électorale nationale dite « indépendante », risque d’allumer un feu qui sera difficile à éteindre par les uns et les autres. Avec la majorité populaire qui s’est manifestée dans les rues de toutes les villes de la République démocratique du Congo le jeudi 9 juillet, la majorité dite parlementaire, qui fait tout par défi, a été clairement désavouée. Ceci peut conduire le Président de la République à tirer toutes les conséquences logiques qui s’imposent. Les jours prochains nous réservent certainement quelques surprises.

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