RDC: près de 800 civils tués par les ADF en 18 mois, selon l’Onu

RDC: près de 800 civils tués par les ADF en 18 mois, selon l’Onu

Près de 800 civils ont été tués par le groupe armé des Forces démocratiques alliées (ADF) dans l’est de la RDC depuis janvier 2019, selon un rapport des Nations unies publié lundi, qui dénonce de possibles « crimes contre l’humanité et crimes de guerre ». Les exactions des ADF se sont intensifiées entre janvier 2019 et janvier 2020, avec « les exécutions sommaires d’au moins 496 civils, – 142 femmes, 25 enfants et 329 hommes » recensées par le Bureau conjoint de l’Homme (BCNUDH) en République démocratique du Congo .

« La majorité des victimes ont été tuées à l’arme blanche et par balles », ajoute le rapport au sujet de ces massacres dans la province du Nord-Kivu, et plus particulièrement le territoire de Beni, frontalier de l’Ouganda.

Historiquement des rebelles musulmans ougandais, les ADF se sont installés dans les années 1990 dans l’est de la RDC.

L’ensemble des « atteintes aux droits de l’homme » (tueries, enlèvements, pillages, recrutement d’enfants …) attribuables aux ADF ont augmenté de « près de 67% » par rapport à la même période de l’année précédente, selon le rapport.

Elles se poursuivent en 2020, avec « 297 personnes dont 73 femmes et neuf enfants » tués entre le 1er février et le 30 juin et « pourraient constituer, par leur nature et leur ampleur, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre », ajoute le Bureau.

Les ADF avaient commencé une campagne de terreur contre les civils dès octobre 2014, avec plusieurs centaines de morts.

Ses combattants ont intensifié leurs attaques meurtrières contre les civils après « le lancement par l’armée congolaise, à partir du 30 octobre 2019, d’opérations militaires d’envergure contre les ADF », selon le rapport.

Les tueries se sont également intensifiées en raison de « la fermeture de certaines bases militaires de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) », reconnaît le BCNUDH, évoquant également « le pillage des vivres et des médicaments ».

Les forces de sécurité congolaises ont aussi commis des atteintes aux droits de l’Homme, relève l’organe spécialisé, qui a ainsi documenté, du 30 octobre 2019 à la fin du mois de janvier 2020 « les exécutions extrajudiciaires de huit civils (six hommes et deux femmes) par des militaires ».

En conclusion, le BCNUDH conseille aux autorités congolaises de « poursuivre les enquêtes judiciaires sur les crimes commis par les ADF ». Il recommande à la Monusco de « poursuivre l’appui » à l’armée congolaise « dans la planification et la mise en oeuvre conjointe d’opérations militaires » contre les ADF.

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