RDC: deux hauts fonctionnaires condamnés à trois ans de travaux forcés

RDC: deux hauts fonctionnaires condamnés à trois ans de travaux forcés

La justice congolaise a condamné mardi à trois ans de travaux forcés deux responsables d’agence de l’Etat pour détournement de fonds publics en République démocratique du Congo, trois jours après la condamnation sans précédent de Vital Kamerhe, directeur du cabinet et allié politique du chef de l’État. Le directeur général de l’Office des voies et drainages (OVD), Benjamin Wenga et celui du Fonds national d’entretien routier (FONER), Fulgence Bamaros, ont été « condamnés chacun à trois ans des travaux forcés », selon le verdict prononcé par le tribunal de grande instance de Kinshasa-Gombe.

Leur co-accusé Modeste Makabuza, patron de la Société congolaise de construction (SOCOC), a écopé d’un an de travaux forcés.

Le jugement est plus clément que le réquisitoire du parquet, qui avait demandé une peine de 15 ans de prison pour chacun.

Samedi, le tribunal avait en revanche suivi le parquet en condamnant M. Kamerhe, un ex-allié de l’ancien président Joseph Kabila et ex-président de l’Assemblée nationale, à vingt ans de travaux forcés.

Tous ces procès porte sur des détournements d’argent public dans le financement du programme dit des « 100 jours » du nouveau président de la République Félix Tshisekedi, investi en janvier 2019.

Les deux hauts responsables ont été condamnés pour des détournements dans le financement de chantiers routiers toujours inachevés à Kinshasa et dans les villes de Goma et de Bukavu (est).

Kamerhe était accusé d’avoir détourné plus de 50 millions de dollars alloués à la construction de logements sociaux, sous la forme de 1.500 maisons préfabriquées. Il a fait appel en se disant victime d’un « procès politique ».

Ces procès sont nouveaux en RDC, où la corruption des élites et de l’administration est régulièrement dénoncée.

Des militants anticorruption ont salué « un sursaut de l’Etat de droit », tout en regrettant l’absence d’enquête pour des faits remontant au régime de l’ancien président Joseph Kabila (2001-2018).

Dans un communiqué publié mardi, l’ONG américaine Human Rights Watch (HRW) a toutefois estimé que « si aucune autre enquête n’est lancée, l’+affaire Kamerhe+ risque de rester dans les mémoires comme un simple règlement de comptes entre rivaux politiques ».

En septembre, M. Tshisekedi avait prévenu qu’il n’irait pas « fouiner dans le passé ». Le chef de l’État gouverne en coalition avec son prédécesseur Joseph Kabila, qui a gardé une large majorité au Parlement.

Comme la peine de mort, la peine de travaux forcés existe encore dans le code pénal, elle est parfois prononcée mais jamais appliquée, étant commuée dans les faits en années de prison.

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