En librairie: un Congolais raconte « son » coronavirus

En librairie: un Congolais raconte « son » coronavirus

 
Par Marie-France Cros.

 
Rédacteur du web-journal Info en ligne des Congolais de Belgique, Cheik Fita vient de publier une petite plaquette sur « son » coronavirus, soigné avec succès à Bruxelles.
 
Après 17 ans d’absence, ce natif de Shinkolobwe était rentré au pays natal, de Noël 2019 au 23 janvier 2020. Le 7 mars, alors qu’il vient de diffuser sur son média en ligne une vidéo de prévention contre le Covid-19, il passe une journée à Paris. A partir du 23 mars, il se sent fébrile avec, parfois, « une petite toux », mais ne pense pas au coronavirus.
 
Consulté par téléphone, comme l’ont fait beaucoup de médecins en Belgique durant le confinement, décrété à partir du 17 mars, son médecin lui prescrit des médicaments, dont du Dafalgan pour faire baisser la fièvre. Mais celle-ci revient sans cesse.
 
Le dimanche 5 avril, elle ne baisse plus, malgré les médicaments. Un ami médecin lui conseille de se rendre tout de suite à l’hôpital, ce que Cheik Fita fait, accompagné de sa femme, en prenant le métro. Les 500 mètres à parcourir à pied l’essouflent au point de le faire vomir. Il est hospitalisé et placé sous oxygène. Il ne conserve qu’un souvenir flou de cinq jours de fièvre à l’issue desquels l’appétit revient très lentement, encouragé par la chaleur du personnel soignant. Onze jours après son entrée à l’hôpital, Cheik Fita peut rentrer chez lui, où il reste placé en quarantaine pour ne pas contaminer son épouse.
 
De cette expérience, Cheik Fita tire une réflexion sur ce qui est important dans sa vie et ce qui ne l’est pas – notamment les 15.000 messages whatsapp non consultés pendant sa maladie – et sur l’Homme, capable du meilleur comme du pire. Au meilleur, il cite « l’armée » du personnel soignant, « leur organisation millimétrée et chronométrée » et surtout leur « amour pour ce qu’ils faisaient », leurs « volonté et détermination de réussir et d’aider l’autre ». Bien que cet effort soit consenti, aux yeux de l’auteur, pour des « pourris », ceux qui « dehors », continuent « à vivre d’une façon insouciante », se moquant « de tous les messages de prévention au risque d’être contaminés ou de contaminer d’autres personnes ».
 
« Coronavirus: redevenir Homme », par Cheik Fita, Ed. OCM (Kinshasa), 107 pp, 9,5 euros.

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