RDC : Pourquoi il faut accepter la commission d’enquête internationale

RDC : Pourquoi il faut accepter la commission d’enquête internationale

Face au déferlement de violence, aux massacres à répétition et à la crise humanitaire qui a chassé plus de 1,3 million de Kasaïens sur les routes de l’exode, l’obstination de Kinshasa de refuser d’ouvrir les portes de son territoire à une commission d’enquête internationale  indépendante est incompréhensible.

Commentaire

Le pouvoir du président congolais Joseph Kabila, rattrapé par la limite constitutionnelle de deux mandats depuis le 19 décembre dernier, ne veut pas entendre parler d’une « vraie » commission d’enquête internationale suite aux vagues de violences mortelles au Kasaï. Le ministre congolais de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba, comme sa consoeur des Droits humains, Marie-Ange Mushebkwa, ont annoncé que les seuls experts internationaux qu’ils pourraient accepter, seraient ceux qui se mettraient au service de la justice et des enquêteurs congolais.

Impossibe, évidemment, dès lors, de parler d’une commissin indépendante.

Pourquoi ce refus ? Kinshasa et tous les niveaux de pouvoir électifs de la Répubique démocratique du Congo (députés, sénateurs, gouverneurs)  sont désormais hors-la-loi, faute d’avoir pu (voulu ?) organiser à temps les élections nécessaires.

La crise économique est totale. Les banques tombent les unes après les autres. Les caisses de l’Etat sont vides et dans ce contexte du manque de légitimité général de la classe politique, les investisseurs, doux euphémisme, ne se bousculent pas au portillon.

Au Kasaï, en neuf mois, ce sont plus de 3000 morts civils qui sont annoncés. Plus de 1,3 million de personnes forcées de prendre le chemin de l’exil . Au moins 40 charniers ont été dénoncés, sans oublier la mort de deux experts onusiens, tués sous les caméras de leurs bourreaux dont on ignore tout, malgré les procès montés à la hâte depuis quelque temps et des tentatives grossières du pouvoir de rejeter la faute à la va-vite sur les Kamwina Nsapu.

Rien de tout ce qui précède ne sert les intérêts du pouvoir congolais. Surtout, rien de ce qui précède ne sert les intérêts des millions de Congolais qui vivent dans des conditions chaque jour plus précaires.

La fierté nationale, aussi compréhensible soit-elle, ne peut justifier ce refus qui va encore isoler un peu plus la République démocratique du Congo.

Le refus de cette mission ne fait qu’augmenter la suspicion sur le régime congolais. Que pourait-il bien craindre d’une enquête internationale ?

Le bateau Congo prend l’eau de toutes parts ces derniers temps. Ecoper avec de petits moyens ne suffira pas à éviter le naufrage. La RDC d’aujourd’hui ne peut vivre dans l’isolement sous peine d’imploser. Accepter cette mission d’enquête internationale est un premier pas nécessaire et même incontournable dans la bonne direction. A l’inverse, la refuser, c’est se couper définitivement d’une saine collaboration avec une large partie  du monde.

Pourquoi refuser ?

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