RDC: le dossier des experts de l’ONU tués au Kasaï « loin d’être terminé »

RDC: le dossier des experts de l’ONU tués au Kasaï « loin d’être terminé »

L’affaire du meurtre des deux experts de l’ONU tués en République démocratique du Congo (RDC) en mars 2017 « est loin d’être terminée », selon deux spécialistes internationaux indépendants sur les violences au Kasaï (EEI). Son chef a déploré mercredi à Genève, malgré quelques avancées, de nombreux obstacles liés notamment à la pandémie. Deux experts de l’ONU, ‘Américain Michael Sharp et la Suédoise d’origine chilienne Zaida Catalan, ainsi que leurs quatre accompagnateurs congolais, avaient été tués alors qu’ils menaient des investigations sur les violences au Kasaï (centre de la RDC). Devant le Conseil des droits de l’homme, le chef de l’EEI, dispositif mandaté par les Nations Unies, le Sénégalais Bacre Ndiaye s’est félicité que l’un des responsables présumés de ce meurtre, Trésor Mputu Kankonde, ait été arrêté fin mai. Mais l’affaire « est loin d’être terminée », a-t-il dit.

Des procès militaires ont été relocalisés après l’inculpation d’un responsable de l’armée congolaise. De même, la question des poursuites liées aux accompagnateurs également victimes doit encore être réglée. Dans un rapport en 2018, l’EEI avait estimé que l’armée congolaise et deux milices avaient perpétré des crimes contre l’humanité en 2016 et 2017 dans la région du Kasaï.

Selon l’ONU, les affrontements auraient fait plus de 3.000 victimes et près d’1,5 million de déplacés. Les violences avaient démarré après l’assassinat d’un chef de la milice Kamuina Nsapu par les militaires. Quelques efforts ont été menés dans « la lutte contre l’impunité et la protection des victimes », a admis M. Ndiaye. Il a toutefois déploré qu' »aucun jugement n’ait encore été rendu ».

La situation est d’autant plus ardue alors que toutes les activités judiciaires ont été suspendues en raison de la prévention de la pandémie. Le Sénégalais relève en revanche que le problème de la milice Kamuina Nsapu est « presque » terminé. Mais il redoute que d’ex-miliciens, qui n’ont pas été totalement désarmés et font face à une situation économique difficile, ne deviennent des « groupes armés ».

Il relève « la montée de la criminalité » en raison de certains actes des forces de sécurité. Des violences sexuelles sont encore observées. De son côté, le ministre congolais des Droits de l’homme, André Lite Asebea, a reconnu que beaucoup restait à faire, notamment dans la lutte contre l’impunité et l’accès à la justice pour les victimes.

Les experts de l’EEI, qui se sont rendus à deux reprises sur place depuis un an, doivent rendre leur nouveau rapport en septembre prochain.

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