RDCongo: tensions au sein du parti: l’UDPS/Kabund s’isole

RDCongo: tensions au sein du parti:  l’UDPS/Kabund s’isole

Par Marie-France Cros

L’UDPS/Kabund a diffusé jeudi un communiqué rejetant toute nomination d’un successeur à Jean-Marc Kabund a Kabund, destitué lundi dernier de son poste de premier vice-président de l’Assemblée nationale. Cette « déclaration politique » annonce par avance l’exclusion de tout membre du parti qui accepterait ce poste. C’est en effet à l’UDPS qu’il revient d’annoncer qui elle choisit pour remplacer Jean-Marc Kabund. Mais qui « est » l’UDPS?

L’UDPS/Kabund, qui s’auto-désigne comme « UDPS/Tshisekedi », a diffusé ce 28 mai une « déclaration politique » dans laquelle elle « considère désormais inopportun de désigner un autre parmi les députés nationaux élus sur sa liste, en remplacement de l’honorable Jean-Marc Kabund a Kabund au poste de premier vice-président de l’Assemblée nationale. En conséquence, elle prévient que tout député national élu sur sa liste qui violerait la résolution susmentionnée sera considéré comme ayant délibérément quitté le parti ». Précisons qu’il ne s’agit pas de députés « élus » mais choisis en vertu d’un marchandage résultant de l’accord de janvier 2019 entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi pour se partager le pouvoir en dépit des résultats électoraux, jamais publiés dans le détail.

Non reconnu par la justice congolaise

Cette « déclaration politique » est signée par Augustin Kabuya, qui a été désigné comme secrétaire général du parti par Jean-Marc Kabund. Ce dernier avait lui-même été nommé unilatéralement président ad interim du parti, le 22 janvier 2019, par Félix Tshisekedi qui s’apprêtait à devenir Président de la République et ne pouvait cumuler les deux fonctions. Ce faisant, M. Tshisekedi avait violé les statuts de l’UDPS, qui prévoient qu’en cas d’impossibilité du chef du parti d’en exercer la présidence, un triumvirat – constitué par les chefs de trois instances précises de la formation politique – est nommé à sa direction pour organiser, en un mois, un congrès qui désignera le nouveau président de l’UDPS.

Comme cette procédure n’a pas été respectée, la justice congolaise refuse depuis plus d’un an tous les mandats signés par M. Kabund pour « défaut de représentation ».

En outre, le secrétaire général du ministère de l’Intérieur (dirigé par Gilbert Kankonde, UDPS) chargé des partis politiques, Boniface Okende Bonge, a donné raison aux « légalistes » de l’UDPS qui s’étaient plaints auprès du ministère de la nomination de M. Kabund, nomination qui a provoqué de nombreuses dissensions et quelques affrontements au sein du parti.

Prochaine réunion du directoire de l’UDPS

Kabund ayant protesté auprès du ministère, M. Okende Bonde a précisé, indiquait vendredi l’agence de presse congolaise APA, que le « mandat spécial » désignant M. Kabund, dont la photocopie avait été envoyée par celui-ci pour appuyer ses dires,  n’avait pas été déclaré au ministère de l’Intérieur dans le mois suivant sa signature comme l’exige la loi.

Alors que le triumvirat de l’UDPS a annoncé qu’il se réunirait prochainement en directoire du parti, l’un de ses membres, Jacquemain Shabani, a souligné que « le ridicule ne fait pas du bien à un grand parti comme celui-là, surtout qu’il est aujourd’hui au pouvoir et que l’on a tous à fournir des efforts pour qu’on nous respecte en respectant nous-mêmes nos statuts », comme l’exige la loi.

Pour sa part le Haut Représentant du chef de l’Etat, Kitenge Yezu, jugeant dans un tweet que la destitution de M. Kabund est « une mauvaise action », a ajouté: « Je suggère humblement au SG (NDLR: secrétaire général Augustin Kabuya) de geler le point 3 de sa déclaration du 28 », soit le rejet de la nomination d’un successeur au poste de premier vice-président de l’Assemblée nationale.

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