Rwanda : Félicien Kabuga reste en prison

Rwanda : Félicien Kabuga reste en prison

Par MFC

La Cour d’appel de Paris s’est prononcée mercredi pour le maintien à la prison de la Santé de celui qu’on appelle le « financier du génocide » des Tutsis au Rwanda en 1994. Avec l’aide de ses enfants, ce dernier se cachait sous un faux nom: Antoine Tunga. Il a été arrêté la semaine dernière, sur base de plusieurs accusations de participation au génocide émises par le Mécanisme de Suivi, institution de l’Onu qui termine les procédures lancées par les Tribunaux pénaux internationaux pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda.

L’accusé s’est indigné de son arrestation, assurant avoir « aidé les Tutsis », à qui, dit-il, il faisait crédit; « je n’allais pas tuer mes clients! ».

Sa défense a demandé l’annulation de la procédure parce que Félicien Kabuga, 84 ans, n’a vu son médecin que plusieurs heures après son arrestation et parce que son ADN a été pris sans son autorisation.

Criminels contre l’humanité français

La défense a aussi demandé sa remise en liberté, comparant son cas à ceux des criminels français Maurice Papon (condamné en 1998 à 10 ans de prison pour complicité de crimes contre l’humanité)  et Paul Touvier (condamné en 1994 à la réclusion à perpétuité pour crimes contre l’humanité), qui n’avaient pas été soumis à la détention préventive. Et d’évoquer une justice « raciste ».

Me Laurent Bayon s’en est pris au Tribunal pénal international pour le Rwanda, « héritier de l’inertie de la communauté internationale » durant le génocide. Il s’est opposé à l’extradition de son client vers la justice internationale parce que, selon lui, il risquerait d’être ensuite extradé vers la Tanzanie et le Rwanda; il veut être jugé en France.

Pas de garantie

Le parquet, de son côté, a fait valoir que remettre l’accusé à ses enfants, qui l’ont aidé à fuir la justice, n’offrait pas de garantie de présentation de Félicien Kabuga à ses juges.

Après délibération, la cour a décidé que Kabuga resterait détenu pour « insuffisance de représentation » et « risque de trouble à l’ordre public ». Le 3 juin, la Cour annoncera sa décision au sujet de la demande d’extradition du Rwandais.

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