Coronavirus: des équipes de santé agressées à Kinshasa

Coronavirus: des équipes de santé agressées à Kinshasa

Des équipes luttant contre la propagation du coronavirus à Kinshasa ont été agressées par des habitants qui résistent au message de prévention, ont déploré mercredi les autorités sanitaires de la République démocratique du Congo (RDC). « Des séquestrations et agressions des équipes de riposte contre la Covid-19 se sont multipliées à Kinshasa », a affirmé le Comité chargé de la riposte dans son bulletin journalier sur la situation épidémiologique.

« Ce mouvement de résistance entraîne la paralysie des activités de surveillance, notamment la recherche active des cas », a-t-il ajouté.

Trois personnels de santé ont été séquestrés par une famille dans le quartier populaire de Kimbanseke, dans l’est de la capitale, où treize cas ont été enregistrés, selon le bulletin épidémiologique.

Dans un autre quartier, une équipe de la commission psycho-sociale « a été menacée au couteau », alors qu’elle allait rendre les résultats de deux cas confirmés.

« Les négociations d’évacuation de ces deux cas ont été engagées depuis six jours, mais sans succès », selon le bulletin épidémiologique. Les cas confirmés sont généralement évacués vers des hôpitaux.

Depuis l’apparition du premier cas le 10 mars, la RDC a enregistré un total de 1.731 cas de la Covid-19, avec 61 décès, dans sept des 26 provinces. La ville-province de Kinshasa d’où est partie l’épidémie concentre l’essentiel des contamination avec 1.594 cas, et des décès.

Le rythme des nouveaux cas déclarés s’est accéléré depuis dix jours, passant d’une vingtaine par jour à 70 en moyenne.

Par ailleurs le président Félix Tshisekedi a demandé un « rapport » au ministre de la Santé, le Dr Eteni Longondo, sur les rumeurs d’un « trafic » concernant des fausses déclarations de décès par Covid-19, « moyennant rétribution » aux familles des défunts, a rapporté le compte-rendu du dernier Conseil des ministres vendredi dernier.

Le gouvernement dénonce une volonté « de porter atteinte » à ses efforts « dans sa lutte contre le Covid-19 ».

Des actes de « résistance communautaire » avaient gravement entravé le travail des équipes sanitaires contre l’épidémie d’Ebola déclarée le 1er août 2018 dans l’Est du pays. Plusieurs personnels de santé ont été tués, dont un médecin camerounais de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS)

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