Virus: le Maroc veut suspendre l’obligation de remboursement des voyages

Virus: le Maroc veut suspendre l’obligation de remboursement des voyages

Le ministère marocain du Tourisme a présenté lundi un projet de loi visant à permettre aux opérateurs touristiques et compagnies aériennes de ne plus devoir rembourser les prestations annulées en pleine pandémie de coronavirus, afin de les « sauver de la faillite ».

Le texte, présenté devant une commission parlementaire, porte sur les « réservations de voyage, les séjours touristiques et le transport aérien » annulés « entre le 1er mars 2020 et le 30 septembre 2020 » en raison de la crise sanitaire. Il vise à permettre aux opérateurs de proposer une prestation équivalente, plutôt qu’un remboursement.

Partout dans le monde, la fermeture des frontières et la suspension des liaisons aériennes ont plombé les activités du transport de passagers, des hôtels et des agences de voyage.

Le trafic aérien mondial a enregistré en mars la plus forte baisse de son histoire récente avec une chute de 52,9% par rapport à la même période en 2019, selon l’Association internationale du transport aérien (Iata).

Fin avril, l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) a estimé que la pandémie pourrait réduire de 1,5 milliard le nombre de passagers dans le ciel cette année.

La problématique du remboursement des billets annulés est régulièrement mises en avant par les compagnies aériennes qui affrontent, comme la Royal Air Maroc, de graves problèmes de trésorerie du fait de la pandémie.

Les consommateurs, eux, tentent de faire respecter leurs droits.

La Fédération nationale des associations du consommateur (FNAC) a ainsi appelé dans un communiqué à « laisser le choix » au consommateur, en rappelant qu’une loi lui donnait « le droit de se faire rembourser au cas où le prestataire ne respecte pas ses engagements ».

Des groupes de touristes bloqués à l’étranger se mobilisent aussi sur les réseaux sociaux pour essayer de déposer des plaintes collectives contre des compagnies qui se limitent à décaler les réservations, et pour obtenir les remboursements prévus contractuellement.

Le Maroc a reçu l’an dernier un nombre record de touristes, avec 13 millions de visiteurs. Secteur clé de l’économie du pays, le tourisme a bénéficié d’un renforcement de ses liaisons aériennes, avec de nouvelles lignes lancées par des compagnies à bas coût.

Pour se relancer, les opérateurs marocains tablent désormais sur le tourisme intérieur.

Adopté fin avril par le gouvernement, le projet de loi sur les prestations de substitution doit encore être soumis à l’approbation du Parlement.​

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