RDC : Koffi Annan et neuf ex-chefs d’Etat africains sonnent l’alarme

RDC : Koffi Annan et neuf ex-chefs d’Etat africains sonnent l’alarme

L’ex-secrétaire général de l’Onu, le Ghanéen Koffi Annan, et neuf anciens chefs d’Etat africains, ont lancé jeudi un « appel urgent à une transition pacifique en RDC ». Cet appel survient alors que la diplomatie congolaise travaille à obtenir du prochain sommet de l’Union africaine, début juillet, une mobilisation contre les sanctions européennes et américaines.

Outre Koffi Annan, le Béninois Thomas Boni Yayi, les Ghanéens John Kuofor et John Mahama, le Sud-Africain Thabo Mbeki, le Tanzanien Benjamin Mkapa, le Botswanais Festus Mogae, le Nigérian Olusegun Obasanjo, le Capverdien Pedro Pires et le Mauricien Cassam Uteem se disent « profondément préoccupés par la situation politique en RDC, qui représente une menace à la stabilité, la prospérité et la paix dans les Grands lacs et même pour l’Afrique toute entière. Nous nous sentons obligés de sonner l’alarme avant qu’il soit trop tard ».

L’Accord de la Saint-Sylvestre

Les signataires expliquent la crise par la non-organisation de l’élection présidentielle due fin 2016 pour désigner le succeseur du président Kabila. Il soulignent que l’Accord de la Saint-Sylvestre – obtenu par la médiation des évêques – donnant un an de plus pour organiser ce scrutin et partageant le pouvoir jusque-là , a « évité un désastre mais (que) sa mise en œuvre fait face à des difficultés croissantes qui compromettent le processus ». Ce sont à la fois « la lettre et l’esprit de l’Accord qui ne sont pas respectés, mettant ainsi en danger une transition non-violente, que nous croyons vitale pour la prospérité et la stabilité futures de la RDC ».

Et d’insister: « Des élections intègres sont la seule stratégie possible pour résoudre la crise de légitimité qui assaille les institutions congolaises ».

Et les signataires de « presser les dirigeants politiques congolais de mettre l’intérêt national à la première place ».

Implications continentales

Les chefs d’Etat ajoutent: « Bien que la crise affecte d’abord et avant tout les vies et moyens de subsistance de nos frères et sœurs congolais », elle aurait « des implications continentales » si elle « demeurait non résolue ». Et d’appeler le gouvernement congolais et la communauté internationale à « fournir les ressources nécessaires à l’organisation des élections dans les délais prévus » par l’Accord.

« L’avenir de la RDC est en grave danger. Nous appelons donc le Président et les autres dirigeants congolais à redoubler d’efforts pour mettre en œuvre pleinement et de bonne foi l’Accord de la Saint-Sylvestre » et « assurer des élections libres, crédibles et pacifiques pour la fin de l’année ».

La Majorité botte en touche

Vendredi, le porte-parole de la Majorité présidentielle, Alain Atundu Liongo, n’a pas semblé prendre la mesure de cet appel puisqu’il a réagi, sur les antennes de la BBC, par de l’autosatisfaction (« Cet appel montre l’importance de la RDC dans la stabilité politique de l’Afrique et des Grands lacs ») et par un dégagement en touche (« La responsabilité de la précarité politique actuelle n’est certainement pas de la responsabilité du gouvernement Kabila »).

Que pensez-vous de cet article?