Affaire Thambwe Mwamba: « Le soutien de la FIDH aux plaignants est un signal fort »

Affaire Thambwe Mwamba: « Le soutien de la FIDH aux plaignants est un signal fort »

Le président de la Ligue congolaise contre la Corruption et la Fraude (LICOF) Oscar Rachidi, Me Alexis Deswaef, avocat des plaignants, et Paul Nsapu de la FIDH (Fédération internationale des droits de l’Homme) ont présenté jeudi au bureau belge de la FIDH à Bruxelles, l’affaire du ministre congolais de la Justice Alexis Thambwe Mwamba, dévoilée mercredi par notre site.

La plainte avec constitution de parties civiles a été déposée le 16 mai en Belgique par le président de la LICOF reconnu réfugié en Belgique, un citoyen congolais qui a perdu des membres de sa famille dans le vol de civils abattu en octobre 1998 et l’ancien bâtonnier de Lubumbashi Me Muyambo, actuellement emprisonné à Makala. D’autres familles de victimes du vol sont appelées à se constituer parties civiles. La plainte vise l’actuel ministre congolais de la Justice Thambwe Mwamba, domicilié à Bruxelles et disposant d’un titre de séjour permanent, et sa fille de nationalité belge. « Le soutien de la FIDH aux plaignants est un signal fort dans la lutte contre l’impunité », précise Alexis Deswaef. « Quand un dirigeant commet un crime à ce point grave qu’il est imprescriptible en droit international, il sera amené à pouvoir rendre des comptes à la justice toute sa vie durant, même ici 20 ans plus tard ».

Il est d’abord question pour les faits reprochés à Alexis Thambwe Mwamba de crime contre l’humanité et crime de guerre, en rapport avec l’ordre d’abattre un vol de civils fuyant les combats au départ de Kindu. Il avait à l’époque revendiqué publiquement ce commandement, au nom des rebelles du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD), qui affrontaient alors les forces du gouvernement de l’époque dirigé par Laurent-Désiré Kabila. La plainte porte encore sur des malversations financières présumées tant en Belgique qu’en République démocratique du Congo. Elle fait aussi mention d’arrestation arbitraire et de torture, en lien direct avec la situation de Me Muyumbo. Sa fille est pour sa part inquiétée par rapport à sa société de droit belge établie à Louvain-la Neuve, présumée sans activité en Belgique et impliquée dans une fraude au Congo au travers d’une de ses missions, à savoir la distribution de repas dans les prisons congolaises.

« A partir du moment où l’information a été rendue publique par un média et confirmée par le Parquet, les plaignants se sentaient dans l’obligation d’expliquer leur démarche, surtout que cela provoque des remous jusqu’à Kinshasa », soutient Me Deswaef. « C’est maintenant à la justice belge de faire son travail, au juge d’instruction d’instruire à charge et à décharge pour que justice puisse être rendue, et on sait que le temps judiciaire est un temps long ». Le juge Michel Claise, désigné dans ce dossier, a à sont actif différentes affaires prenant leurs racines dans la réalité congolaise.

« Pas d’influence extérieure »

En réponse aux voix qui s’élèvent au pays pour dénoncer une implication supposée de Moïse Katumbi, Oscar Rachidi dément fermement toute influence de cet opposant politique, qui n’est pas partie civile au dossier : « Tout ce qui ennuie actuellement le pouvoir est attribué à Moïse Katumbi. C’est une manière de discréditer tout ce qui dérange le gouvernement Kabila et c’est sans aucun fondement ici ».

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