Ouganda: un député d’opposition torturé, selon HRW

Ouganda: un député d’opposition  torturé, selon HRW

L’organisation internationale de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW) dénonce les tortures infligées à un parlementaire d’opposition, Francis Zaake, en Ouganda. Ce dernier avait été arrêté alors qu’il distribuait de la nourriture à des habitants de sa circonscription électorale. HRW demande une enquête aux autorités ougandaises et la sanction des responsables.

Le président Museveni a donné, le 30 mars dernier, l’ordre à la police d’arrêter les hommes politiques qui distribueraient de la nourriture à la population, dont les mouvements sont limités en raison de la lutte contre la pandémie de coronavirus. Selon le chef de l’Etat, seule l’administration publique peut procéder à de telles distributions. En imposant les restrictions aux libertés décidées dans le cadre de la lutte contre la contagion, affirme HRW, les forces de sécurité ont battu, arrêté arbitrairement et tiré sur des citoyens, notamment des vendeurs et des journalistes (au moins six depuis le 19 mars), ainsi que contre des membres de minorités sexuelles.

Selon HRW, la police a arrêté Francis Zaake chez lui, à Mityana (70 km au nord de Kampala), le 19 avril, alors qu’il distribuait de la nourriture  à des gens durement touchés par les restrictions anti-coronavirus. Il a été détenu à l’unité d’enquêtes spéciales de la police à Kireka (Kampala) et n’a eu accès ni à sa famille ni à ses avocats au début de sa détention. Le 22 avril, la police a amené le détenu à l’hôpital Iran-Ouganda de Naguru. Selon des témoins, il ne pouvait parler et semblait avoir été sérieusement battu. La police a nié l’avoir torturé.

Paul Mwiru, un parlementaire qui a pu rendre visite à son collègue à Kireka, a indiqué à HRW que Francis Zaake ne voyait alors plus et que des morceaux de chair avaient été enlevés de son torse. »Ils l’avaient battu sur le dos. Il avait de nombreuses blessures sur le visage et ne pouvait bouger », a-t-il indiqué. L’avocat de M. Zaake, Meddard Sseggona Lubega, qui a pu le voir à l’hôpital, a indiqué que ses jambes étaient gonflées et sa tête blessée; son client lui a dit avoir été torturé par des soldats durant sa détention. Des images prises juste avant l’arrestation du parlementaire le montrent marchant sans blessures apparentes.

Le 20 avril, la police a annoncé que Francis Zaake était accusé de tentative de meurtre, désobéissance à la loi et diffusion de maladie par négligence. Il n’a toutefois pas vu un juge dans les 48h après son arrestation comme l’exige la loi ougandaise. Ce n’est que le 27 avril qu’il a été amené devant un juge et ce dernier a refusé de l’inculper en raison de son état de santé: il a ordonné qu’il soit d’abord soigné. Selon des témoins dans la salle d’audience, M. Zaake était incapable de marcher, avait des difficultés pour respirer et semblait en très mauvais état.

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