HRW dénonce une campagne de harcèlement au Maroc visant les personnes homosexuelles

HRW dénonce une campagne de harcèlement au Maroc visant les personnes homosexuelles

Human Rights Watch dénonce lundi, dans un communiqué, une campagne de harcèlement en ligne au Maroc visant des hommes homosexuels ou bisexuels. Les victimes voient leur orientation sexuelle présumée dévoilée sur la Toile sans leur consentement, les exposant à des violences physiques, de la persécution et des mesures discriminatoires, explique l’ONG de défense des droits humains. Plusieurs personnes malveillantes utilisent des applications de rencontre pour personne de même sexe depuis la mi-avril afin de révéler sur internet l’orientation sexuelle ou l’identité de genre des utilisateurs sans leur consentement. Pour les personnes LGBT (lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres), cela peut entraîner leur mise à l’écart de leur famille et communauté, la perte de leur logement ou de leur emploi, relève HRW.

« Les autorités marocaines doivent intervenir immédiatement pour protéger la vie privée et abroger les lois anti-LGBT qui ne peuvent entraîner qu’un comportement homophobe », plaide Graeme Reid, directeur des droits LGBT à Human Rights Watch.

La Constitution marocaine consacre le droit à la vie privée et le code pénal du pays punit toute « interception, enregistrement, diffusion ou distribution de conversations ou informations émises dans un contexte privé ou confidentiel, sans le consentement de leurs auteurs », rappelle l’ONG. Mais la loi marocaine punit également tout acte qualifié de « déviance sexuelle » entre personnes du même sexe, déplore HRW.

La campagne de harcèlement pour forcer le coming-out de Marocains a débuté le 13 avril, avec la création de faux comptes sur des applications de rencontre pour personnes du même sexe. Les auteurs diffusent ensuite sur les réseaux sociaux les photos d’hommes utilisant les applications, ajoutant des insultes et menaces à l’encontre des victimes.

Un étudiant âgé de 23 ans a témoigné auprès de HRW qu’une fois que son frère a appris son orientation sexuelle, il l’a expulsé de la maison. « Je dors dans la rue depuis trois jours et je n’ai nulle part où aller. A cause de la pandémie de Covid-19, même mes plus proches amis ne peuvent m’héberger », explique-t-il.

Contactées par HRW, plusieurs applications de rencontre ont expliqué avoir averti leurs utilisateurs de la pratique malveillante. Certaines ont fourni le numéro de téléphone d’une ligne d’appel à l’aide légale et/ou psychologique.

Des associations de défense des droits humains marocaines ont également créé des ressources en ligne pour aider les victimes de ce harcèlement.

Le 24 avril, la sécurité nationale du pays a en outre indiqué à l’AFP que la police avait ouvert une enquête.​

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