Coronavirus: plus de 1.300 détenus libérés au Cameroun

Coronavirus: plus de 1.300 détenus libérés au Cameroun

Plus de 1.300 détenus ont été libérés dans les deux principales villes du Cameroun afin de désorgenger les prisons surpeuplées et limiter ainsi le risque de propagation du nouveau coronavirus en milieu carcéral.

« 608 détenus ont été libérés à Douala », la capitale économique, et « 700 autres à Yaoundé », la capitale politique, a indiqué le ministère de la Justice dans une note adressée à l’AFP.

Mi-avril, le président camerounais Paul Biya avait décrété la commutation et de la remise de peines pour certains prisonniers.

Le processus de libération d’autres prisonniers « se poursuit dans les régions », a assuré le ministère.

Le nombre exact de prisonniers libérés « sera connu à l’issue du processus car différentes commissions ont été mises en place » pour déterminer ceux qui sont éligibles à la mesure présidentielle, selon le gouvernement.

La Cameroun, qui a officiellement déclaré 1.163 cas d’infection et 42 décès, est le deuxième pays le plus touché en Afrique subsaharienne, après l’Afrique du Sud.

Dans les maisons d’arrêt, l’inquiétude et les tensions augmentent à mesure que le virus continue de se propager à l’intérieur du pays.

« Il a déjà été constaté plusieurs décès suspects au sein du pénitencier » de Yaoundé, ont écrit mardi les détenus de cette prison, dans une lettre adressée au ministre de la Justice et dont l’AFP a obtenu une copie.

« Le médecin a fait mettre en quarantaine des dizaines de détenus suspectés » d’être infectés par le virus, ont-ils rapporté, décrivant une « situation sanitaire catastrophique ».

A cela s’ajoute « une épidémie de paludisme » dans plusieurs cellules, témoignent-ils. De nombreux détenus se plaignent d’avoir de la fièvre, des maux de tête et des difficultés respiratoires. « L’infirmerie est saturée de malades », écrivent-ils également.

Plus de 5.000 personnes s’entassent dans cette vieille prison, prévue au départ pour 1.500 personnes.

On dénombre environ 30.000 détenus dans les prisons du Cameroun, dont plus de la moitié sont des prévenus en attente de jugement, selon le barreau camerounais.

Les taux d’occupation dans les prisons camerounaises varient selon les régions de 90% à 294%.

Outre la surpopulation, les conditions d’hygiène y sont souvent déplorables et la prévalence de pathologies liées à la promiscuité comme la tuberculose, le VIH-Sida, le choléra et la gale y est très élevée.

Les rations alimentaires fournies aux prisonniers sont généralement insuffisantes et les détenus doivent compter sur leurs proches pour se ravitailler.​

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