RDC : Le ministre de la Justice éconduit par le président de la Cour Constitutionnelle

RDC : Le ministre de la Justice éconduit par le président de la Cour Constitutionnelle

Nouvelle preuve des tensions accrues entre le monde judiciaire et celui de la politique. Au centre de ce nouvel épisode, le Vice-Premier et ministre de la Justice Célestin Tunda ya Kasende.

Le Président de la Cour constitutionnelle vient en effet d’adresser un courrier au ministre de la Justice et Garde des Sceaux, issu du  PPRD, le parti de Joseph Kabila dont il est un des fondateurs, pour lui rappeler le contenu de la Constitution nationale et, partant, le principe consacré de la séparation des pouvoirs.

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A la base de ce rappel, une demande du Vice-Premier et ministre de la justice de visiter les juridictions, offices et services judiciaires de la ville-province de Kinshasa.

« Inopportun », écrit le président du Conseil supérieur de la magistrature qui est par ailleurs aussi président de la Cour constitutionnelle. L’homme ajoute qu’une telle visite (« un contrôle », écrira-t-il un peu plus loin) n’a jamais été orchestrée depuis l’instauration de la Constitution de 2006.

Bref, la demande du ministre apparaît pratiquement  comme une insulte à la face du corps des magistrats congolais, selon ce courrier. Le ministre n’a pas tardé à réagir, évoquant une « formulation agressive » et « peu courtoise ». Pas question de tenter de contrôler les magistrats, selon le ministre, mais bien de travailler main dans la main, tout en expliquant, visiblement agacé, « Vous parlez de tantôt d’une inspection tantôt d’un contrôle alors que je parlais d’une visite d’échange… »Loin de moi, l’idée de vous interroger sur vos dossiers passés ou récents que vous êtes le seul à expliquer », poursuit Celestin Tunda Ya Kasende.

Le torchon brûle entre le ministre et le président du Conseil de la magistrature. Et l’homme politique ne fait rien pour apaiser la tension et les rancoeurs quand il rappelle ses interventions, notamment auprès des ministres des Finances et du Budget, pour aider à débloquer le dossier des avantages des magistrats, le relèvement de leurs revenus, etc. Des interventions qui  n’ont jamais été considérées comme une violation du principe de la séparation des pouvoirs, laisse-t-il entendre.

Une guerre des mots dans un climat déjà particulièrement tendu entre deux niveaux de pouvoir essentiels

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