Opinion: RDCongo: changement ou mirage?

Opinion: RDCongo: changement ou mirage?

Par Dominique Kabongo
Politologue
York University

A l’aube de ses 60 ans d’indépendance, la RDC régresse et sombre d’avantage. Pour la plupart des analystes politiques, le fond du problème s’est toujours trouvé dans la carence d’un leadership politique ainsi que dans la mégestion de l’Etat. Bien que ces charges soient légitimes. je souhaite pousser ma réflexion au-delà de cette norme.

À mon avis, la RDC est victime d’un préjudice tant bien international que régional. Ce préjudice demeure de prime à bord dans sa conception au niveau international. Depuis sa création en 1885, la RDC est plus considérée comme un réservoir de précieuses ressources naturelles qu’un Etat fonctionnel. L’instabilité qui sévit à l’est de la RDC en raison de la présence de groupes armés et du commerce illicite des matières premières au détriment de la population. Certaines sources évoquent des millions de morts dans ces conflits armés à l’est.

Un Congo géant et fort est un problème pour ses voisins. Après tout, nul n’est sans ignorer son rôle prépondérant de gardien de temple durant toute la période de la guerre froide. Dès les années 80, avec le changement de paradigme vers la libération des marchés, le Congo s’est vu graduellement perdre sa place au profit d’une mondialisation sans précédent.

La prépondérance des marchés sur les Etats ont permis l’émergence d’une politique libérale permettant aux petit Etats régionaux de dévorer leur proie: “le géant Congo”. Par conséquent, l’aveu d’impuissance du Congo semble faire non seulement l’affaire des pays limitrophes mais il se solidifie en un non-Etat, s’affirmant plus comme une simple réserve de ressources naturelles.

La politique interne du pays peine à se définir car elle ressent toujours une influence exogène. Dès son accession à l’indépendance en 1960, la RDC ne cesse de connaître une instabilité politique jusqu’à ce jour. L’historique politique peut sembler progressif mais il n’en est rien. En 1965, pour préserver leur hégémonie, les meneurs de l’ordre mondial de l’époque ont préconisé une dictature. Les années 90 ont vu naître l’eldorado libéral préconisant une démocratie fictive. La RDC enregistre déjà trois cycles électoraux controversés. Le pacte républicain ne s’applique-t-il donc pas aux ressortissants de la RDC?

Les Congolais dans leur grande majorité ont suffisamment démontré la volonté de vivre ensemble et cela malgré les nombreuses tentatives d’implosion. Certes il y a carence de leadership, mais l’histoire du monde nous enseigne que chaque peuple s’identifie toujours à un individu qui symbolise ses aspirations. Pour la RDC il y a eu trois acteurs politiques majeurs qui ont eu cette ampleur: Patrice Lumumba, Joseph Désiré Mobutu et Etienne Tshisekedi.

Orphelin aujourd’hui, le peuple Congolais doit se reposer sur son socle de solidarité et volonté de vivre ensemble. Sa prochaine figure emblématique et unificatrice aparaîtra en son temps.

La mégestion et la gangrène de la corruption sont liées au manque de valeurs et d’éthique. Leur éradication passe nécessairement par une thérapie de choc.

Comme la deuxième guerre mondiale a entraîné un déplacement de paradigme dans la politique mondiale au 20e siècle, la pandémie de COVID-19 en a déclenché un autre, qui restitue l’inéluctable rôle d’un Etat fonctionnel au centre de la société.

Compte tenu de ce revirement mondial, la responsabilité de la création d’un Etat fonctionnel incombe à l’intelligentsia Congolaise. J’exhorte donc mes compatriotes à renouveler notre pacte républicain afin de valablement assumer notre place dans le concert des nations.

Politologue
York University

Que pensez-vous de cet article?

Derniers Articles

Journalistes

Dernières Vidéos