RDCongo: insécurité au Haut-Katanga: 500 policiers et militaires évacués

RDCongo: insécurité au Haut-Katanga: 500 policiers et militaires évacués

Par Marie-France Cros.

Le gouverneur du Haut-Katanga a remercié le chef de l’Etat pour avoir évacué près de 500 militaires et policiers « irréguliers » de cette province, ajoutant « la sécurité se portera sans doute mieux ». La tension ne cessait d’augmenter à Lubumbashi, voire Kolwezi, en raison de la hausse d’attaques armées dont la population soupçonne des policiers et militaires d’être complices ou auteurs.

C’est Actualité.cd qui a publié dimanche la lettre du gouverneur Jacques Kyabula, envoyée au président Tshisekedi pour le remercier d' »avoir décidé du départ de tous les militaires et policiers et situation irrégulière vers les bases de Kamina et d’ailleurs pour un recyclage et une orientation plus tard ».

Proche de Gédéon Kyungu

Cette décision, qui concernerait quelque 480 hommes, évacués en deux vagues le week-end dernier du Haut Katanga, fait suite à l’envoi dans cette province d’une commission d’enquête gouvernementale, conduite par le ministre de l’Intérieur Gilbert Kankonde (UDPS, tshisekediste) et le ministre de la Défense Aimé Ngoy Mukena (kabiliste), qui avait, dans les années 2000, nommé le grand bandit Gédéon Kyungu « général de brigade » et l’avait chargé de la sécurité à Mulongo. Cette commission d’enquête, chargée de « faire la lumière sur la violence des miliciens Bakata Katanga », qui obéissent à …Gédéon Kyungu, a rendu son rapport hier lundi.

Les Bakata Katanga avaient attaqué, de manière coordonnée, plusieurs villes katangaises le 28 mars dernier. Leur projet avait été contrarié par les forces de l’ordre, qui avaient abattu sans sommation plusieurs dizaines d’entre eux; on déplore un total de 32 morts, dont un policier. Des courants pro-sécessionnistes – voire des pêcheurs en eaux troubles utilisant les sécessonnistes – ont, depuis lors, voulu présenter ces miliciens comme de « pacifiques » militants sécessionnistes ou « qui marchaient les mains nues et revendiquaient leurs droits », comme n’a pas craint de l’affirmer une lettre écrite le 19 avril par la « Coordination des Communautés de l’Espace katangais » à Kinshasa. Des vidéos montrent pourtant que plusieurs Bakata Katanga, le 28 mars, portaient des armes modernes. Et leur milice a un passif d’attaques cruelles et meurtrières, à l’arme blanche, contre des villages katangais (voir vidéo).

RDC: Tshisekedi à Lubumbashi, en proie à la peur

Grand banditisme: des policiers soupçonnés

La tension à Lubumbashi s’était accrue, depuis lors, avec la recrudescence récente du grand banditisme. Ainsi, le 16 avril, des tirs avaient retenti à la Ruashi quand des bandits armés avaient attaqué un « kiosque » (petit commerce) et qu’un motard avait été blessé; ses collègues avaient ensuite manifesté leur colère devant l’incapacité des forces de l’ordre à empêcher ces attaques.

Le lendemain, les habitants du quartier de la Katuba se sont soulevés après que des bandits eurent tué un homme et enlevé sa fille à la faveur de la nuit, alors que plusieurs maisons étaient cambriolées; la police, débordée, avait dû faire appel à l’armée pour ramener l’ordre dans la population. Le même jour, à Kolwezi (province du Lualaba), des bandits s’étaient embourbés après avoir attaqué de nuit des maisons du Quartier Latin; la population, éveillée, avait provoqué leur fuite et les voyous avaient abandonné véhicule, butin et une femme soupçonnée d’être la complice de policiers.

Le 19 avril, nouveaux affrontements entre police et population au quartier Katuba2, à Lubumbashi. La population a saccagé un bureau de la Direction des recettes et refusé de laisser entrer les policiers après une attaque de bandits, qui ont tué un jeune homme avenue Pierre Mubaya. Seuls des militaires ont été autorisés à pénétrer dans la zone, en raison de soupçons de complicité entre bandits et policiers

Transferts d’officiers

Outre l’évacuation du Haut-Katanga des policiers et militaires irréguliers, le commandant de la 22ème Région militaire et son adjoint chargé des Renseignements ont été rappelés à Kinshasa. On annonce en outre le transfert des officiers ayant passé plus de cinq ans dans la province.

Peu après son arrivée au pouvoir, il y a un an, Félix Tshisekedi avait déjà tenté de régler ce dossier.

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