Coronavirus: la Banque centrale sud-africaine baisse à nouveau ses taux d’intérêt

Coronavirus: la Banque centrale sud-africaine baisse à nouveau ses taux d’intérêt

La Banque centrale sud-africaine a annoncé mardi une nouvelle baisse de son taux d’intérêt de base afin d’atténuer l’impact désastreux de la pandémie de coronavirus sur l’économie du pays, dont elle prévoit un recul de -6,1% cette année.

La réduction de 100 points, la deuxième en moins d’un mois, « fait passer le principal taux à 4,25% », a précisé l’institution dans un communiqué.

En mars, la Banque avait déjà réduit ce même taux de base de 100 points à 5,25%, anticipant un fort recul de la croissance de l’Afrique du Sud en 2020 pour cause d’épidémie de Covid-19.

« L’épidémie (…) aura un impact sanitaire et social majeur et anticiper l’activité économique est particulièrement incertain », a commenté son gouverneur, Lesetja Kganyago, lors d’une conférence de presse mardi.

Il y a trois semaines, M. Kganyago avait anticipé un taux de croissance sud-africain pour 2020 à +0,2%. Mardi, il l’a révisé à -6,1%, mais a tablé sur un rebond conséquent de l’économie dès 2021 à +2,2%.

Mardi, le Fond monétaire international (FMI) a confirmé ces violents mouvements en anticipant un recul de 5,8% du Produit intérieur brut (PIB) en 2020, et une reprise à +4 % dès l’année prochaine.

La crise sanitaire mondiale constitue un coup dur pour l’Afrique du Sud, entrée en récession au trimestre dernier, et menace particulièrement ses deux principales sources de devises, le secteur minier et le tourisme.

Le pays, première puissance industrielle d’Afrique, est englué depuis 2008 dans une crise qui se caractérise par une croissance molle, la détérioration des finances publiques, le chômage de masse (près de 30%) et, récemment, des pannes d’électricité à répétition.

La devise sud-africaine, le rand, a déjà perdu 22% sur le dollar américain depuis le début de l’année.

L’Afrique du Sud est le pays d’Afrique subsaharienne le plus touché par l’épidémie de Covid-19 partie de Chine, avec 2.272 cas de contamination confirmés dont 27 mortels, selon le dernier bilan.

Pour tenter d’endiguer sa propagation, le président Cyril Ramaphosa a plongé depuis le 27 mars son pays en confinement total, jusqu’au 30 avril au moins.

« Il est absolument essentiel, plus que jamais, de renouer sur la durée avec la croissance », a commenté mardi le ministre des Finances Tito Mboweni devant la presse.

« Au-delà de la crise du coronavirus, le principal risque que courent notre économie et nos finances serait de revenir à des chiffres de croissance d’avant la crise, autour de 1 à 2% », a-t-il insisté, « notre objectif incontournable doit être de parvenir à des chiffres plus élevés ».

La décision de la Banque centrale a été bien accueillie par les analystes.

« C’est un geste bienvenu qui va aider l’économie sud-africaine, dont la situation se détériore rapidement à cause du confinement », a souligné l’économiste Raymond Parsons, de la Northwestern University.

Depuis qu’il a succédé à Jacob Zuma en 2018, M. Ramaphosa a promis de remettre sur pied l’économie flageolante de son pays, sans grand succès jusque-là.

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