Environ 60 binationaux Burundais empêchés de quitter Bujumbura

Environ 60 binationaux Burundais empêchés de quitter Bujumbura

En réponse à la crise sanitaire due à l’épidémie de Covid-19, la Belgique a envoyé, samedi, un avion spécial pour rapatrier une partie de ses ressortissants et des Européens présents au Burundi et à Kigali, comme ce fut précédemment le cas en République démocratique du Congo (RDC) et en Algérie. Mais le gouvernement burundais a refusé le départ d’une soixantaine de Belges, Suisses et Canadiens ayant la double nationalité.

L’avion, affrété par les Affaires étrangères belges, était pourtant arrivé comme prévu samedi à Bujumbura. Etaient attendues à son bord 112 personnes soit une partie des Belges et des Européens vivant au Burundi, ainsi que les Européens de passage dans le pays et ceux qui sont vulnérables au virus.
Le vol spécial s’est d’abord vu refuser l’atterrissage à Bujumbura par les généraux Alain-Guillaume Bunyoni, ministre de la Sécurité du Burundi et Gabriel Nizigama, chef de cabinet civil du président Pierre Nkurunziza. Après négociations avec Bruxelles, il a finalement pu atterrir en retard. Pourtant, les passagers n’étaient pas encore au bout de leur peine.

Refus d’embarquement

Prévenus par mail, mercredi, et dûment inscrits sur la liste du vol spécial, tous les passagers ont suivi le protocole prévu et se sont présentés à l’aéroport à 15h30 afin de se soumettre aux différentes formalités, notamment un test de température. Au dernier moment, la police burundaise a fait irruption dans la salle d’embarquement et a refusé le départ de tous les passagers ayant la double nationalité. Entraînant, dans certains cas, la séparation de membres de mêmes familles.
Environ 60
binationaux Burundais (résidant en Belgique, en Suisse ou au Canada) ont été bloqués par la police à l’aéroport de Bujumbura avec interdiction de monter dans l’avion. Malgré les négociations menées par l’ambassadeur belge sur place, de nombreuses places du vol arrivé à Melsbroeck, dans la nuit de samedi à dimanche, sont restées désespérément vides…

« Des contacts ont été pris au plus haut niveau mais n’ont pas encore permis d’infléchir la position des autorités burundaises. Nous suivons évidemment la situation de ces passagers de près », a souligné Arnaud Gaspart, porte-parole adjoint aux Affaires étrangères belges.

Pour les familles belges, suisses et canadiennes, la question est de savoir si un autre vol va pouvoir être organisé et si leurs proches vont être, cette fois, autorisés à embarquer. En pleine crise Covid-19 et avec les élections burundaises qui approchent à grands pas, la situation risque de se tendre encore à Bujumbura…

Ailleurs, les opérations de rapatriement de Belges bloqués à l’étranger se poursuivent, avec récemment des vols « en provenance d’Alger ou du Congo, notamment », a précisé M. Gaspart. « Au total, plus de 700 Belges sont rentrés dernièrement, en faisant appel entre autres au mécanisme européen pour des vols affrétés par des pays membres de l’Union. »

Karin Tshidimba

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