Algérie: grâce présdentielle pour 5.000 condamnés, pas pour ceux du « Hirak »

Algérie: grâce présdentielle pour 5.000 condamnés, pas pour ceux du « Hirak »

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a gracié mercredi 5.037 détenus, une mesure de clémence dont ne bénéficient pas les personnes détenues dans le cadre du mouvement (« Hirak ») antirégime qui sont en attente de jugement. Cette décision concerne les détenus condamnés définitivement dont le reliquat de peine est inférieure à 18 mois, a précisé un communiqué de la présidence cité par l’agence officielle APS.

« La réduction totale et partielle de la peine est portée à 24 mois pour les détenus, condamnés définitivement, dont l’âge est égal ou dépasse 60 ans à la date de la signature du décret », ajoute le communiqué.

Tebboune avait déjà gracié en février, en deux vagues, près de 10.000 condamnés.

Comme pour ces dernières mesures de grâce, en sont exclus « les individus condamnés par les juridictions militaires, les individus condamnés dans des affaires de crimes terroristes, trahison, espionnage, massacre, trafic de drogues, fuite, parricide, empoisonnement » ainsi que pour viols sur mineurs et tous les crimes de corruption.

En revanche, le décret ne touche pas les personnes incarcérées pour des faits liés au « Hirak », le mouvement de contestation qui ébranle le pouvoir depuis plus d’un an, car la plupart n’ont pas encore été jugées.

« Cette mesure (de grâce) est la bienvenue bien que nous ayons plaidé aussi pour la libération des détenus d’opinion en ces temps de pandémie pour éviter une catastrophe dans le milieu carcéral », a déclaré à l’AFP Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH).

« Je souhaite vivement qu’il (le décret présidentiel) soit élargi à ces détenus (du « Hirak ») même si la majorité sont encore en détention provisoire et n’ont pas encore épuisé les voies de recours », a-t-il plaidé.

En outre, très peu de détenus du « Hirak » avaient pu bénéficier des deux premières grâces en février parce que la plupart d’entre eux avaient écopé de peines couvrant la durée de leur détention provisoire.

Selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), une association de soutien, 44 personnes sont actuellement détenues dans le cadre du mouvement de contestation populaire, dont 25 à Alger. Le CNLD a publié une liste actualisé des détenus le 31 mars sur sa page Facebook.​

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