Tanzanie: le président John Magufuli refuse de fermer les églises

Tanzanie: le président John Magufuli refuse de fermer les églises

Par Marie-France Cros.

Alors que la Tanzanie comptait dimanche 12 cas d’infection au coronavirus covid-19, le chef de l’État, à la messe de dimanche, a proclamé le refus de son pays de fermer les lieux de culte parce que c’est là qu’on trouve « la vrai salvation ».

Le Président participait à une messe à Dodoma, la nouvelle capitale tanzanienne. Prenant publiquement la parole devant les fidèles, il leur a dit que le covid-19 était une création « de Satan » qui ne pouvait survivre dans le corps du Christ. Estimant que seule une intervention divine pouvait vaincre le virus, il a demandé aux Tanzaniens de se rendre dans les lieux de culte, alors que plusieurs pays ont interdit les rassemblements religieux pour limiter la contagion.

En Tanzanie, les écoles sont fermées, les événements sportifs reportés, les voyageurs venant de pays touchés par la pandémie sont placés en quarantaine, mais ces restrictions ne touchent pas la vie religieuse.

Un pouvoir de plus en plus autoritaire

John Magufuli, 60 ans, est arrivé au pouvoir en novembre 2015, comme candidat du parti qui monopolise le pouvoir depuis Nyerere, le CCM. Son style dynamique lui a d’abord valu une grande popularité. Depuis 2016, toutefois, les disparitions d’opposants, l’arrestation d’autres (même parlementaires), la suspension de medias, la taxation (900 dollars/an) des blogueurs ont considérablement modifié la perception de celui qui est surnommé « Tinga Tinga » (bulldozer en swahili). Il est vu aujourd’hui comme autoritaire, plus centralisateur que ses prédécesseurs, alors que 2020 est une année d’élections présidentielle.

Human Rights Watch souligne « un déclin marqué des libertés d’expression, d’association et de réunion » depuis son arrivée au pouvoir.  

Que pensez-vous de cet article?

Derniers Articles

Journalistes

Dernières Vidéos