Burundi: elections du 20 mai : « un potentiel élevé de violences », selon l’opposition

Burundi: elections du 20 mai : « un potentiel élevé de violences », selon l’opposition

À deux mois des élections générales burundaises, la « Coalition des partis politiques de l’opposition et des Forces vives de la nation pour le Rétablissement de l’Accord d’Arusha » (CFOR-Arusha) a publié le 16 mars un memorandum alertant l’opinion sur le fait que les conditions dans lesquelles vont se dérouler ces scrutins « ne permettent pas du tout » qu’ils soient « démocratiques et, partant, crédibles »

Selon ce memorandum, « la crise actuelle risque de s’aggraver davantage, avec un potentiel élevé de violences à grande échelle ». La crise actuelle est née en avril 2015 du refus du président Pierre Nkurunziza de respecter l’Accord de paix d’Arusha (qui a mis fin à la guerre civile 1993-2005 ; 300.000 morts) qui interdit formellement qu’un chef d’État demeure en poste plus de 10 ans, poste que M. Nkurunziza occupe depuis 2005. Pour imposerr son maintien au pouvoir, ce deernier a eu recours à la violence de masse, puis à une répression moins visible mais toujours meurtrière, selon l’ONY, la crise a aggravé la situation économique, déjà précaire.

Une constitution qui donne plus de pouvoir au Président

En 2018, M. Nkurunziza a imposé une nouvelle Constitution qui, contrairement à la précédente, ne se réfère plus à l’Accord d’Arusha. En outre, indique le memorandum de l’opposition, elle « ne laisse plus de place à une compétition démocratique et plurielle mais consacre pltutôt un monopartisme de fait », écartant partiquement tant les candidats indépendants que les grandes coalitions.

Cette constitution a aussi considérablement renforcé le pouvoir  du chef de l’État et ouvert la voie à la disparition du partage ethnique du pouvoir qui avait permis le retour à la paix.

Maintenir la domination du CNDD-FDD

L’opposition ajoute que le nouveau code électoral est taillé sur mesures pour maintenir la domination de la formation présidentielle CNDD-FDD, « seul parti » qui « fonctionne librement sur tout le territoire national ». Et de souligner que le candidat de la Présidence de ce parti, le général-major Evariste Ndayishimiye, fait campagne aux cris de « les élections sont déjà terminées, il reste la proclamation ». Le Président sortant, lui, assure que c’est « le Plan de Dieu » et menace ceux qui s’y opposeraient de finir « mal, fous, errants ».

Last but not least, des élections libres et apaisées sont aussi rendues impossibles, souligne l’opposition burundaise, par le climat de « terreur et persécution ».

Dire « non » à cette « parodie électorale »

La coalition CFO-Arusha exhorte donc « toutes les organisations politiques et la société civile » à dire « non à cette nouvelle parodie électorale ». Selon elle, c’est une « illusion » de croire que le départ de Pierre Nkurunziza du fauteuil présidentiel va être « une voie de sortie de crise » parce que « le système criminel qu’il a mis en place reste entier et déterminée à se maintenir au pouvoir ».

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