Opinion: RDCongo: le coronavirus, révélateur de l’égoïsme des dirigeants africains

Opinion: RDCongo: le coronavirus, révélateur de l’égoïsme des dirigeants africains

Par Jean-Chrysostome Kijana, président national de la Nouvelle dynamique de la Société civile et habitant de Bukavu

Les mesures contre l’épidémie de coronavirus annoncées par le Président Tshisekedi mercredi soir sont bonnes. Mais le problème reste entier s’agissant des mesures d’accompagnement.

La France mobilise plus de 100.000 policiers, gendarmes et militaires pour faire observer les mesures prises. Plus de 20.000 médecins sont rappelés. Des milliers de centres de distribution à domicile de vivres de première nécessité ont été mis en place pour les plus nécessiteux. Des milliers de kits de réanimation ont été distribués dans toute la République. Les élèves et étudiants continuent à être formés à distance.

Au Congo, en revanche, les mesures annoncées risquent de rester lettre morte en raison de la précarité dans laquelle vit la majorité de la population. Cette pandémie vient mettre à nu l’incapacité des dirigeants africains qui préfèrent s’enrichir seuls, laissant leurs pays dans la pauvreté extrême sans véritables politiques sociales pour leurs citoyens.

Prenons le cas de la commune de Kadutu (Bukavu), dont 80% des habitants recourent à des sources pour se ravitailler en eau. Dès l’aube, ils sont des centaines à se bousculer pour accéder à cette denrée vitale. Que compte faire notre gouvernement pour ne pas condamner ces vies humaines ?

Nous qui discutons ici sommes tous d’un niveau de vie moyen et en mesure de nous constituer de petites réserves. Mais que dire de ces millions de nos compatriotes qui, pour vivre chaque jour, sont obligés d’aller au marché, de servir des transporteurs, de gagner leur dollar quotidien pour nourrir approximativement leur famille ?

Le coronavirus vient interpeller nos dirigeants africains en général – et congolais en particulier- qui se distinguent dans l’égoïsme et le vol des deniers publics (les fameux travaux « des 100 jours » en sont une bonne illustration).

Préférant aller se faire soigner en Occident, eux et leurs proches, ils sont incapables d’améliorer notre système de santé. Beaucoup de Congolais espèrent que certains d’entre eux tomberont malades durant cette période où l’Occident ferme ses portes pour voir ce qu’ils diront quand il leur faudra se faire soigner à Mama Yemo ou chez le Dr Homère à Buholo-Kasha. Il se rendront compte, alors, de ce que le peuple endure.

FIN

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