RDC : suspension des activités sur le lac Kivu et Tanganyika

RDC : suspension des activités sur le lac Kivu et Tanganyika

Par Esther N’sapu, correspondante dans l’Est de la RDC

Les armateurs du lac Kivu, tous membres de l’association des armateurs du Lac Kivu (ASSALAK) sont en grève depuis ce lundi 9 mars 2020 au matin et cela jusqu’à nouvel ordre. Cette décision a été prise au cours d’une assemblée extraordinaire tenue vendredi dernier en ville de Bukavu (Sud-Kivu).

Ce mouvement de grève intervient suite à une majoration de la taxe du permis de sortie qui est passée de 30 à 50 dollars américains par bateau.

Bien que cette taxe soit légale, les armateurs  déplorent le fait qu’elle soit plus élevée pour des bateaux qui font la route entre Goma et Bukavu (soit une distance de 107 kilomètres) que pour ceux qui naviguent sur le fleuve Congo sur l’axe Kinshasa-Kisangani sur une distance de 1 726 Km.

D’après Prudent Pama, porte-parole des armateurs du Sud-Kivu, « pour être clair, c’est depuis 2011 que le gouvernement central avait fixé le prix de permis de sortie à 10$ par bateau et chaque jour. En 2014, la taxe est montée à 30$. Nous avions envoyé nos réclamations pour que la taxe soit remise à 10$. Aujourd’hui, nous attendions un nouvel arrêté qui devait remettre la taxe à 10$ mais curieusement, en décembre 2019, nous avons constaté avec indignation la majoration de la même taxe à 50$, ce qui est inacceptable.  Voilà l’une des raisons de notre mouvement de grève« , explique-t-il.

Depuis ce lundi, les armateurs œuvrant sur le lac Tanganyika ont rejoint leurs collègues du lac Kivu. Ils protestent également contre la hausse du prix de permis de sortie qui a grimpé à 50$.

Prudent Pama évoque également les tracasseries liées à la présence de plusieurs services illégaux sur différents ports du Nord et du Sud-Kivu. Au port de Goma, on compte 23 services, à Bukavu 25, et au port de Kalundu, à Uvira, jusqu’à 30 services alors que seuls 4 services sont reconnus par le décret présidentiel. Par ailleurs, les commerçants d’Uvira, qui sont censés emmener leurs marchandises à Kalemie, sont obligés de dédouaner leurs produits alors que les deux villes sont situées dans un même pays. Selon lui, toutes ces tracasseries rendent la navigation invivables dans l’Est du pays.

Ce lundi, tous les bateaux qui devaient quitter Bukavu sont restés à quai.

Du côté du port de la ville de Goma, le même constat a été remarqué, alors que l’association des armateurs du lac Kivu compte en son sein une vingtaine de bateaux qui font le mouvement Goma-Bukavu-Goma tous les matins et tous les soirs.

Cette grève pénalise beaucoup de voyageurs et commerçants des deux villes riveraines du lac Kivu (Goma et Bukavu).

Plusieurs d’entre eux sont obligés de traverser la frontière afin de se rendre à Goma via Kamembe et Gisenyi au Rwanda en utilisant les transports en commun.

Zozo Kasali, président de la société civile, ville de Bukavu salue cette décision des armateurs et demande au gouvernement de prendre ses responsabilités en vue de trouver une solution urgente pour que le trafic Bukavu-Goma-Bukavu et Uvira-Kalemie reprenne.

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