Move with Africa: l’étrangère: texte de fiction par Khaoula El-Haddaoui-Drissi

Move with Africa: l’étrangère: texte de fiction par Khaoula El-Haddaoui-Drissi

Bonjour, Je suis Océane, une fille de l’école Saint-Joseph au Rwanda.

Ce matin, à 5h, quand je me réveille pour aller à la messe et ensuite à l’étude, j’apprends que l’on reçoit des étudiants belges de notre âge avec des objectifs qui nous sont encore inconnus pour le moment . Je suis intriguée de savoir à quoi ils ressemblent, intriguée d’apprendre ce qu’ils vont nous apporter de plus comme amélioration dans notre pays. Il est inutile de vous rappeler qu’on est dans une école avec moins de moyens financiers qu’eux. Notre niveau scolaire est-il le même que le leur ? J’ai peur de me sentir bête ou moins bonne qu’eux, peur de leur vision de notre pays, peur que mon anglais ou mon français ne soient pas compréhensibles.

Ensuite, lors de leur arrivée, j’étais intimidée et mal à l’aise face à ces personnes, ces jeunes, ces élèves. Je m’étais faite une image d’enfants gâtés par tout ce que peut leur offrir l’Europe. Très vite, j’ai réalisé que je m’étais complètement trompée. En réalité, ce sont des enfants ordinaires, qui aiment danser, chanter et s’amuser, tout comme nous. Par la suite, on a fait les présentations en anglais et en français. Ils ont parlé de l’Europe mais surtout de la Belgique, de la nourriture, des activités et des études là-bas. Cela m’a donné envie d’aller voir ce qu’il y a d’autre sur place, de manger les fameuses gaufres de Liège et les frites belges. Je réalise que j’aime les rencontres et que découvrir l’Europe doit être passionnant. Mon rêve désormais sera de devenir une « business woman » et de voyager à travers le monde pour mon travail. Les élèves belges nous ont donné des bonbons et des bics. En échange, nous leur avons offerts des T-shirts de notre école. Mes camarades et moi avons été très contents de leur venue ici parce que cela nous a permis de ne pas avoir une mauvaise vision d’eux et des enfants en général en Europe. Ils ont même partagé un repas amical avec nous, ce qui nous a permis de plus nous rapprocher. Le repas était le même que d’ordinaire : du riz avec une sauce aux haricots rouges. Ils n’ont pas beaucoup mangé. Peut-être n’avaient-ils pas faim ou était-ce étrange pour eux… ».

Enfin, pour terminer cette journée en beauté, les élèves belges ont été invités à participer à un cours pour apprendre notre langue, le kinyarwanda. Si mon grand-père était encore vivant, il leur aurait dit, comme il aimait le répéter : Nishimiye kubamenya, ce qui veut dire « Je suis ravi de faire votre connaissance ». J’ai beaucoup rigolé d’assister à leurs efforts et on s’est tous beaucoup amusé. Ils ont également participé au moment sport de notre journée. Comme dit Jean Vanier, « le partage est une nourriture qui fait reconnaître l’espérance ». C’était une belle journée, je les remercie pour tout et je les invite à revenir au Rwanda nous rendre visite.

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