Somalie: un haut commandant shebab tué par une frappe américaine

Somalie: un haut commandant shebab tué par une frappe américaine

Un haut commandant des islamistes radicaux somaliens, Bashir Mohamed Mahamoud, alias Bashir Qorgab, a été tué par une frappe aérienne américaine le 22 février dans le sud de la Somalie, a-t-on appris dimanche auprès du commandement américain pour l’Afrique (Africom).

Bashir Qorgab faisait partie du conseil dirigeant de l’insurrection shebab depuis la fin 2008 selon le département d’Etat américain et l’Africom le soupçonne d’avoir été impliqué dans la planification d’une attaque perpétrée début janvier contre une base américano-kényane du sud-est du Kenya, qui avait fait trois victimes américaines.

« La frappe aérienne qui a tué ce terroriste a été menée le 22 février », a déclaré à l’AFP le responsable des relations publiques de l’Africom, le colonel Christopher Karns, interrogé au sujet d’informations de presse annonçant la mort du responsable shebab.

« Bashir Mohamed Mahamoud était un dirigeant opérationnel de premier ordre (…) Il a été un membre important des shebab pendant plus d’une décennie », a poursuivi le colonel Karns.

« Cet individu a joué un rôle dans la planification et la direction d’opérations terroristes en Somalie et dans la région de la frontière kényane, y compris un rôle présumé dans l’attaque de la baie de Manda », a précisé le responsable de l’Africom.

Le 5 janvier, un commando shebab avait mené une audacieuse attaque contre une base militaire américano-kényane connue sous le nom de Camp Simba dans la baie de Manda, près de la touristique et pittoresque île de Lamu dans le sud-est du Kenya, non loin de la frontière avec la Somalie.

L’attaque avait duré plusieurs heures. Trois Américains avaient été tués, ainsi que quatre membres du commando shebab.

Selon le site du programme de récompense antiterroriste du Département d’Etat des Etats-Unis (RJF), Bashir Mohamed Mahamoud était « depuis fin 2008 l’un des quelque 10 membres formant le conseil dirigeant des shebab ».

Les Etats-Unis offraient une récompense de 5 millions de dollars (4,4 millions d’euros actuels) pour toute information permettant de le traduire en justice.

– Récemment écarté? –

Début février, des articles de presse somaliens rapportaient des informations de l’Agence nationale de renseignements (Nisa) selon lesquelles Bashir Qorgab et un autre responsable de l’insurrection, Mahad Karate, avaient été exclus du conseil de direction de l’organisation par le chef de l’organisation, Ahmed Diriye.

Selon ces informations, non confirmées de source indépendante, le chef des shebab aurait peu apprécié la ligne défendue par les deux hommes, qui lui demandaient d’arrêter les nombreuses attaques ciblant des civils à Mogadiscio.

Affiliés à Al-Qaïda, les shebab ont juré la perte du gouvernement somalien, soutenu par la communauté internationale et les 20.000 hommes de la force de l’Union africaine en Somalie (Amisom).

Chassés de Mogadiscio en 2011, ils ont perdu l’essentiel de leurs bastions. Mais ils contrôlent toujours de vastes régions rurales d’où ils organisent des actions de guérilla et des attentats-suicides. On estime que les shebab comptent actuellement 5.000 à 9.000 combattants.

Présents en Somalie, les Etats-Unis y ont intensifié depuis avril 2017 leurs frappes aériennes après l’extension par le président Donald Trump des pouvoirs donnés à l’armée américaine pour déclencher des opérations antiterroristes, par voie aérienne ou terrestre.

Vendredi encore, l’Africom a annoncé une nouvelle frappe aux alentours de Qunyo Barrow, dans le sud de la Somalie, tuant un combattant shebab.

C’était la vingtième frappe de l’armée américaine contre les shebab en Somalie depuis le début de l’année, après 64 en 2019 et 43 en 2018, selon les décomptes du centre de réflexion New America.​

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