Move with Africa: rasage obligatoire !

Move with Africa: rasage obligatoire !

Dès le premier jour de notre voyage au Rwanda, nous avons eu la chance de visiter un internat à Kabgayi du nom de « St-Joseph » et d’échanger avec des adolescents rwandais de notre âge. Plusieurs choses m’ont surprise, cependant une chose précisément m’a marquée davantage pour diverses raisons : toutes les filles étaient rasées du crâne…

En effet, toutes les trois semaines, des adultes ont comme mission de raser les crânes des élèves en laissant une fine couche de cheveux à peu près homogène. En parlant avec les élèves, elles m’ont confiées qu’elles ne se sentaient pas belles sans chevelure. Il est par conséquent fort probable que cet acte qui, à première vue, semble d’une minime importance affecte leur confiance en elles. De plus, cela rend la tâche de différentiation des garçons et des filles plus compliquée, puisque le seul moyen de distinguer les élèves est leur uniforme, les filles étant vêtues d’une jupe et les garçons d’un pantalon court.

Alors, ma question est la suivante : pourquoi le rasage est-il imposé ? D’abord, en y réfléchissant par moi-même, j’ai supposé que c’était dû au fait que « St-Joseph » est une institution catholique liée à des principes conservateurs et, selon moi, archaïques. Ensuite, j’ai mené mon enquête. J’ai posé la question aux élèves. Elles m’ont dit que les cheveux étaient vus comme une distraction. Le soin des cheveux prend du temps, temps qui doit être consacré à l’étude. Dans la scolarité des Rwandais, l’esthétique n’a pas de place. Étant donné que ce fait m’avait profondément marquée, je n’en suis pas restée là. J’ai demandé aux mêmes adolescentes pourquoi elles acceptaient cette règle en obéissant sagement au lieu d‘exprimer leur mécontentement. Elles m’ont répondu en souriant que ce n’était pas facile de changer des normes appliquées depuis si longtemps. Et puis elles savaient ce qui les attendait avant d’être scolarisées.

Enfin, j’ai parlé avec une ancienne élève rwandaise, adulte maintenant. Elle m’a dit que cette situation n’était pas limitée à une école mais répandue dans tout le Rwanda. Les jeunes doivent attendre leurs 18 ans pour avoir le droit de montrer leur genre et d’exprimer qui ils sont. Avant cet âge, les garçons et les filles sont considérés avant tout comme des enfants et n’ont pas à choisir une coiffure, un maquillage, des bijoux. L’intention du gouvernement est de promouvoir l’égalité des sexes au sein des écoles et de la société !

Après ces échanges, je me suis rendue compte de plusieurs choses. D’une part, mon interprétation de départ était erronée : la religion n’a rien à voir avec cette coupe de cheveux. D’autre part, les élèves de « St-Joseph » sont conscientes qu’une éducation de qualité est une arme précieuse. Elle assure de bonnes études et un bon emploi dans le futur. Pour cela, les élèves sont prêtes à abandonner une partie de leur identité. Elles acceptent leur vie présente en espérant un futur prometteur. Après tout, ce ne sont que des cheveux… n’est-ce pas ?

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