RDC: 24 personnes tuées par des miliciens en Ituri

RDC: 24 personnes tuées par des miliciens en Ituri

Vingt-quatre personnes ont été tuées et douze blessés par des miliciens en Ituri, dans le nord est de la République démocratique du Congo, où sévissent plusieurs groupes armés, a-t-on appris samedi de sources locales. Ce massacre a eu lieu vendredi soir dans le nord de la province, où plus de 700 civils ont été tués depuis la fin 2017, a indiqué l’administrateur du territoire (responsable politico-administratif).

Vendredi, les autorités congolaises avaient célébré la signature d’un accord de paix avec un des groupes armés présents dans le sud de la province, la Force de Résistance Patriotique de l’Ituri (FRPI).

La tuerie de vendredi soir a été attribuée à une milice active dans le nord de l’Ituri, frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud.

« Au total, 24 personnes ont été tuées par balles » par les miliciens du groupe armé Coopérative pour le développement du Congo (CODECO), qui ont aussi « blessés 12 autres » personnes, a déclaré à l’AFP Innocent Madukadala, chef de secteur (responsable administratif et coutumier) dans le territoire de Djugu.

Ce bilan et l’identité des assaillants ont été confirmés par Alfred Alingi, administrateur du territoire de Djugu.

Les assaillants étaient habillés en tenue militaire et « tiraient sur les civils le long de leur passage », a-t-il affirmé.

La région de l’Ituri a renoué avec les violences depuis fin 2017, essentiellement dans sa partie nord, le territoire de Djugu.

Entre 1999 et 2003, un conflit communautaire avait fait plusieurs dizaines de milliers de victimes jusqu’à l’intervention d’une force européenne.

Le conflit opposait deux communautés, les Lendu, majoritairement agriculteurs, et les Hema, éleveurs et commerçants, dans cette province aurifère et pourvue de pétrole.

Le groupe armé Codeco est une milice pro-lendu.

Le nouveau conflit, digne d’un « crime contre l’humanité » d’après les Nations unies, a déplacé des dizaines de milliers de civils fuyant les violences.

« Nous avons pu confirmer les crimes contre l’humanité », a affirmé la Haut-commissaire aux droits de l’homme Michelle Bachelet après une visite à Bunia fin janvier.

Un des enjeux majeurs de ce conflit est « le contrôle des terres par les Lendu », selon un rapport conjoint de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) et du bureau des droits de l’homme, publié en janvier.

L’accord signé vendredi avec les combattants du FRPI, un autre groupe est « destiné à restaurer la paix, la sécurité et la stabilisation » dans le sud de l’Ituri, selon la Mission des Nations unies au Congo (Monusco).

Il prévoit le cessez-le-feu et l’intégration d’anciens miliciens à l’armée régulière.​

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