Coronavirus: premier cas en Afrique subsaharienne, les mesures draconiennes se multiplient

Coronavirus: premier cas en Afrique subsaharienne, les mesures draconiennes se multiplient

Le premier cas de coronavirus en Afrique subsaharienne a été confirmé vendredi au Nigeria, alors que la crainte d’une pandémie fait chuter les marchés financiers mondiaux et entraîne l’adoption de mesures draconiennes.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a appelé tous les pays encore épargnés à se préparer à l’arrivée du Covid-19, avertissant que se croire à l’abri de la maladie serait une « erreur fatale ».

Un Italien revenu de Milan le 25 février a été hospitalisé après avoir été testé positif au coronavirus dans l’Etat de Lagos, devenant le premier malade en Afrique subsaharienne, a annoncé vendredi le ministère nigérian de la Santé. « Le patient est dans un état clinique stable et ne présente pas de symptômes inquiétants », a précisé le ministère dans un communiqué.

Deux autres cas de contamination ont été recensés ces derniers jours en Afrique du Nord, en Egypte et en Algérie. Ce très faible nombre de malades détectés dans les pays africains, aux systèmes de santé fragiles, intrigue les épidémiologistes, alors que plus de 81.000 cas ont été signalés ailleurs dans le monde.

Si la Chine était jusqu’à peu l’unique foyer mondial de coronavirus, le risque s’est démultiplié avec l’émergence de nouveaux pays-sources comme la Corée du Sud, l’Iran et l’Italie.

Vendredi, la Corée du Sud a fait état de 256 contaminations supplémentaires, portant le total à 2.022 (dont 13 morts).

La Chine, où le virus était apparu en décembre, a publié un bilan de 327 nouveaux cas, le nombre le plus faible dans le pays depuis le 24 janvier, et de 44 morts. Au total, 78.824 cas et 2.788 morts ont été recensés en Chine continentale depuis le début de l’épidémie.

Jeudi, l’Iran avait annoncé 106 contaminations supplémentaires, portant le total à 245, dont 26 morts. En Europe, l’Italie avait vu passer le nombre de cas à 650, contre 400 la veille, dont 17 morts.

« Nous sommes à un moment décisif », a assuré le patron de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, soulignant qu’au cours des deux derniers jours, le nombre quotidien de nouvelles personnes contaminées dans le monde avait été supérieur à celui enregistré en Chine.

« Aucun pays ne doit penser qu’il n’aura aucun cas chez lui. Ce serait une erreur fatale, littéralement. Le virus ne respecte pas les frontières », a-t-il averti.

Hors de Chine, le coronavirus touche une cinquantaine de pays dans le monde, avec un bilan de plus de 4.000 contaminations et plus de 60 morts.

Les mesures radicales se multiplient pour tenter d’endiguer l’épidémie. Au Japon, où le Premier ministre Shinzo Abe a demandé jeudi la fermeture de toutes les écoles publiques du pays pour un mois, le complexe de parcs à thème Tokyo DisneyLand et Tokyo DisneySea a annoncé vendredi qu’il serait fermé du 29 février au 15 mars.

En Corée du Sud, les mégastars de la K-pop, BTS, ont annulé quatre concerts géants prévus à Séoul en avril.

La veille, l’Arabie saoudite avait suspendu « temporairement » l’entrée sur son territoire des pèlerins se rendant à La Mecque. La mesure concerne l’Oumra, un pèlerinage qui attire chaque mois plusieurs dizaines de milliers de musulmans. Il peut être réalisé à n’importe quelle période de l’année, à la différence du Hajj, effectué à des dates précises du calendrier islamique.

Aux Etats-Unis, relativement épargnés jusqu’ici, les autorités californiennes ont annoncé jeudi qu’elles suivaient quelque 8.400 personnes pour s’assurer qu’elles n’étaient pas porteuses du nouveau coronavirus, tout en cherchant l’origine de la contamination d’une personne qui a contracté la maladie sans voyager dans une zone à risque.

Autre foyer, l’Iran a rapporté jeudi sept nouveaux morts, portant le total à 26. Hors de Chine, c’est le plus lourd bilan en termes de décès.

– L’Italie nouveau foyer –

Certains pays inspirent l’inquiétude. Notamment l’Italie, qui apparaît de plus en plus comme une plateforme de diffusion du Covid-19: le virus a ainsi fait sa première apparition en Amérique du Sud (au Brésil) et en Afrique subsaharienne (au Nigeria) via des personnes récemment arrivées d’Italie. La Grèce, l’Espagne, le Royaume-Uni, la Croatie, l’Autriche, le Danemark, l’Allemagne, la France, les Pays-Bas et l’Algérie ont toutes fait état d’au moins une personne contaminée après un séjour dans la péninsule.

De nombreux Etats européens ont renforcé leur dispositif de prévention et conseillent à leurs citoyens de ne pas se rendre dans les régions italiennes touchées.

Rome a pris des mesures drastiques, dont la mise en quarantaine de 11 communes du Nord, poumon économique du pays.

« Le problème, c’est l’économie. On voit les chiffres, cette crise est en train de mettre le pays à genoux », s’inquiète Daniele Vaccari, pâtissier à Secugnago, un village du Nord.

– « Affronter au mieux » –

Ailleurs en Europe, de nombreux pays comme les Pays-Bas, la Suisse, la Norvège, le Danemark, la Roumanie, l’Estonie ou la Macédoine du Nord sont désormais touchés.

« On a devant nous une épidémie » qu’il va falloir « affronter au mieux », a déclaré jeudi le président français Emmanuel Macron, au lendemain de l’annonce d’un premier mort français, un homme qui n’avait pas voyagé dans une zone à risque.

Les marchés financiers en Asie ont enregistré vendredi des pertes qui devraient les mener à leur pire semaine depuis la crise financière de 2008-2009, où l’économie mondiale avait connu la récession. Après la dégringolade de Wall Street jeudi (-4,42% pour le Dow Jones, -4,61% pour le Nasdaq), la Bourse de Tokyo perdait plus de 3% à la mi-journée.​

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