Burundi: au moins 22 « criminels » tués dans les affrontements de dimanche près de Bujumbura

Burundi: au moins 22 « criminels » tués dans les affrontements de dimanche près de Bujumbura

Au moins 22 « criminels armés » et deux policiers ont été tués dimanche dans la province de Bujumbura-rural (ouest), lors d’affrontements avec les forces de l’ordre, selon un nouveau bilan dressé par la police. Un groupe armé apparu le 19 février sur les collines de Bujumbura-rural a été démantelé dimanche « avec un bilan de 22 criminels armés (…) et deux policiers tués, et six criminels arrêtés », a annoncé mardi à la presse le porte-parole de la police, Pierre Nkurikiye.

Lundi, une source administrative avait établi pour l’AFP un bilan de treize « bandits armés » et un policier tués.

Nkurikiye a refusé de répondre aux questions des journalistes sur l’identité de ce groupe armé, tout en liant son apparition à l’élection présidentielle du 20 mai.

Dans la terminologie officielle, le terme « criminels armés » ou « bandits armés » désigne les membres des nouvelles rébellions nées de la contestation en 2015 contre le troisième mandat du président Pierre Nkurunziza.

La société civile en exil, des médias locaux indépendants et des témoins ont accusé les forces de l’ordre et les Imbonerakure, membres de la ligue de jeunesse du parti au pouvoir, d’avoir exécuté certains membres de ce groupe.

Dans le même temps, le Conseil national pour la liberté (CNL), principal parti d’opposition au Burundi, a dénoncé l’arrestation d’une trentaine de ses membres depuis l’apparition de ce groupe armé à Bujumbura-rural.

Un porte-parole du CNL a évoqué auprès de l’AFP « une véritable chasse à l’homme qui a poussé des dizaines de nos leaders locaux dans la clandestinité ». Aucun officiel burundais n’a justifié jusqu’ici ces arrestations.

Le président Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005, avait surpris en annonçant en juin 2018 qu’il ne se présenterait pas à sa succession en 2020, alors que la nouvelle Constitution adoptée par référendum le lui permettait.

L’annonce en 2015 de sa candidature à un troisième mandat avait plongé le Burundi dans un cycle de violences et de violations massives des droits humains qui ont fait 1.200 morts et déplacé plus de 400.000 personnes, selon les estimations de la Cour pénale internationale (CPI), qui a ouvert une enquête.

Son parti a choisi pour tenter de lui succéder lors de la présidentielle du 20 mai l’un de ses proches, le général Evariste Ndayishimiye.​

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