Madrid apaise le Maroc après un faux pas sur le Sahara occidental

Madrid apaise le Maroc après un faux pas sur le Sahara occidental

L’Espagne a dû réitérer sa position sur le Sahara occidental pour apaiser le Maroc, après qu’un membre du gouvernement espagnol issu du parti de gauche radicale Podemos a reçu une représentante du Front Polisario en lui donnant le titre de « ministre ».

« Appel de mon homologue marocain (Nasser Bourita) au sujet de la rencontre entre le secrétaire d’Etat aux Affaires sociales et une représentante du Front Polisario. J’ai clarifié (…) que la position sur le Sahara occidental n’avait pas changé », a indiqué dimanche soir sur son compte Twitter la ministre espagnole des Affaires étrangères Arancha Gonzalez.

« L’Espagne ne reconnaît pas la RASD (République arabe sahraouie démocratique), nous appuyons les efforts du secrétaire général des Nations unies pour trouver une solution pacifique dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité », a-t-elle ajouté.

La RASD a été proclamée en 1976 par le Front Polisario.

Nacho Alvarez, membre du Podemos et secrétaire d’Etat aux Affaires sociales, a reçu vendredi à Madrid Suilma Hay Enhamed Salem à qui il a exprimé sa « solidarité avec le peuple sahraoui » et qu’il a présentée comme « ministre sahraouie des Affaires sociales et de la promotion de la femme » sur le compte Twitter de son secrétariat d’Etat.

Ce message a depuis été supprimé mais reste visible dans le cache du moteur de recherche Google.

Entré en janvier dans un gouvernement de coalition avec les socialistes du Premier ministre Pedro Sanchez, Podemos est favorable au « droit à la libre détermination du peuple sahraoui » et à la mise en place de « relations diplomatiques de haut niveau avec la RASD » que l’Espagne ne reconnaît pas.

Podemos et les socialistes ont des divergences sur plusieurs sujets. Mais le chef de Podemos et vice-président du gouvernement, Pablo Iglesias, a tenté d’éteindre la polémique en assurant lundi à la télévision publique que la position espagnole sur le Sahara occidental était « déterminée par le ministère des Affaires étrangères ».

Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental a été le théâtre d’un conflit jusqu’en 1991 entre le Maroc, qui contrôle majoritairement le territoire depuis 1975, et le Front Polisario, qui, soutenu par l’Algérie, réclame l’indépendance de cette étendue désertique de 266.000 km2 dans une région riche en phosphates et bordée d’eaux poissonneuses.

Un cessez-le-feu signé en septembre 1991 sous l’égide de l’ONU prévoyait un référendum d’autodétermination dans les six mois, sans cesse repoussé depuis en raison d’un différend entre Rabat et le Polisario sur la composition du corps électoral et le statut du territoire.

Le Maroc refuse tout référendum et toute autre solution pour le Sahara occidental qu’une autonomie sous souveraineté marocaine.

L’ONU maintient sur place une force de quelque 240 Casques bleus (Minurso) chargés de contrôler, notamment par des patrouilles aériennes et terrestres, le respect du cessez-le-feu.

Le site marocain semi-officiel le 360 a évoqué une « provocation inqualifiable » et « irresponsable » du secrétaire d’Etat espagnol envers le Maroc. Ce site a évoqué « un précédent dangereux » face auquel « le Maroc doit réagir avec la plus grande fermeté ».​

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