RDC: la présidente de l’Assemblée témoigne de la souffrance des déplacés

RDC: la présidente de l’Assemblée témoigne de la souffrance des déplacés

Au moins cinq soldats congolais et plusieurs civils ont été tués jeudi et vendredi dans l’est de la République démocratique du Congo, où la présidente de l’Assemblée nationale a entendu le désespoir et la frustration des habitants face à l’insécurité. Dans le territoire de Beni, deux soldats congolais sont tombés vendredi « dans une embuscade » tendue par le groupe armé ADF, a indiqué à l’AFP un porte-parole de l’armée. Les Forces démocratiques alliées (ADF) sont accusées d’avoir massacré près de 400 civils depuis novembre, plus de 1.000 en cinq ans.

D’après les experts, ce groupe d’origine ougandaise se venge sur les civils des opérations de l’armée congolaise contre leurs bases lancées fin octobre.

De retour d’une tournée d’une semaine dans l’Est, la présidente de l’Assemblée nationale, Jeanine Mabunda, a évoqué sa rencontre avec « cette jeune femme presqu’au bord de la folie » après avoir fui la barbarie attribuée aux ADF. « Elle m’a montré une photo où on voyait des têtes déchiquetées, où on voyait la tête d’un côté et le corps de l’autre », a détaillé Mme Mabunda dans un entretien à l’AFP.

Des photos de décapitation ont circulé sur les réseaux sociaux fin novembre-début décembre, au plus fort de la vague des tueries attribuées aux ADF.

D’autres assaillants ont par ailleurs « assiégé » vendredi matin une centrale hydro-électrique qui alimente les villes de Beni et Butembo, a témoigné le maire de Butembo, Mbusa Kanyamanda. « Il y a eu une coupure de courant. Il n’y a pas eu mort d’hommes ».

Dans cette même province du Nord-Kivu, « au moins trois officiers et un civil ont été tués dans une embuscade » jeudi au nord de Goma, a annoncé vendredi le Baromètre sécuritaire du Kivu, qui regroupe plusieurs organismes.

Dans la province voisine du Sud-Kivu, un homme a été tué jeudi soir dans l’attaque du convoi d’un député provincial à 40 km à l’ouest de Bukavu, a rapporté le rapporteur de l’assemblée provinciale, Jacques Kamanda. Frontalière de l’Ouganda, du Rwanda et du Burundi, les deux provinces du Kivu et de l’Ituri sont le fief d’une multitude de groupes armés qui terrorisent les civils.

« La riposte militaire suscite beaucoup de frustration tant à Beni qu’à Bunia, à Goma ou à Bukavu », a noté la présidente de l’Assemblée. « A Beni on est passé de 11.000 à 21.000 hommes, ça représente un gros effort », a-t-elle dit. « Les populations ont souvent du mal à faire confiance aux FARDC (forces régulières, NDLR), je pense que c’est à tort ».

« Les guerres ne se résolvent pas rapidement. Les Américains, les Français (…) déploient des armées par exemple au Sahel, en Irak et ailleurs et vous voyez que le processus n’est jamais très aisé », a-t-elle argumenté.​

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