France: démantèlemnt d’un réseau qui exploitait des mineurs isolés, marocains et algériens

France: démantèlemnt d’un réseau qui exploitait des mineurs isolés, marocains et algériens

La police de Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, a annoncé vendredi avoir démantelé une « entreprise familiale » qui écoulait le produit de vols, parfois violents, commis par des dizaines de mineurs isolés du Maroc ou d’Algérie. Une opération menée par le « groupe MNA » – Mineurs non accompagnés – de la sûreté départementale a permis d’interpeller mardi huit personnes au terme d’une enquête de « longue haleine » commencée en novembre, a expliqué à la presse le commandant Ronan Illien à la tête de ce groupe.

Au moins six seront présentés à un juge d’instruction en vue de leur inculpation pour vol et/ou recel « en bande organisée » et association de malfaiteurs, a indiqué la direction départementale de la sécurité publique (DDSP) de la Gironde.

Ce « groupe MNA » a été créé début septembre pour « endiguer le phénomène » de la délinquance « des mineurs isolés, particulièrement prégnant à Bordeaux » comme dans d’autres métropoles françaises, selon le commissaire Nicolas Perez, chef de la sûreté départementale à la DDSP.

Soupçonnés d’être impliqués dans des cambriolages, vols à la tire et à l’arraché, ils sont actuellement « surreprésentés » dans les garde à vue, assure la police.

En enquêtant sur ces jeunes migrants, les policiers se sont notamment intéressés à la façon dont le produit de ces vols était écoulé. « Des écoutes téléphoniques et des surveillances sur le terrain » les ont ainsi menés jusqu’à ce réseau, dirigé par quatre frères et soeurs d’une famille d’origine algérienne, a détaillé le commandant Illien.

Les enquêteurs les soupçonnent d’avoir « exploité » ces derniers mois des dizaines de ces mineurs isolés venant du Maroc et d’Algérie, aussi appelés « mijeurs », en raison de doutes sur leur véritable âge. « Ils les droguaient pour les mettre sous pression et créer une relation de dépendance et les faire travailler », a-t-il développé.

Les interpellations ont eu lieu au moment où le butin allait partir et être écoulé en Algérie. Bilan: l’équivalent d’un « mois de travail » saisi soit 91 téléphones et 19 ordinateurs portables, mais aussi 25 montres et de nombreux bijoux en or. Les autorités ont aussi saisi 37.155 euros et deux véhicules.

La police a aussi trouvé 589 boîtes de médicaments de type « opioïdes » fournis au réseau par un couple, également interpellé. L’opération a enfin ciblé un « intermédiaire », qui dirigeait les voleurs.​

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