Coronavirus: Égypte, Algérie et Afrique du Sud probables portes d’entrée en Afrique

Coronavirus: Égypte, Algérie et Afrique du Sud probables portes d’entrée en Afrique

Si l’Égypte, l’Algérie et l’Afrique du Sud sont les pays africains les plus à risque de voir surgir des cas d’infections au nouveau coronavirus, ils restent les moins vulnérables car leurs systèmes de santé sont les mieux préparés du continent, selon la revue The Lancet. Le continent africain, où les systèmes de santé sont parfois vétustes, a de forts liens commerciaux avec la Chine, rappelle la revue médicale en rendant publique mercredi une modélisation.

Aujourd’hui, un seul cas confirmé de maladie a été détecté en Afrique, annoncé vendredi en Egypte.

L’Egypte, précisément, l’Algérie et l’Afrique du Sud représentent les portes d’entrée probables du nouveau coronavirus en Afrique du fait de l’importance des échanges aériens avec les provinces chinoises contaminées.

Mais ils ne sont pas pour autant les pays les plus vulnérables face à la maladie: « Ces pays sont aussi parmi les mieux équipés du continent pour détecter rapidement les nouveaux cas et les prendre en charge », précise un communiqué de presse de l’Inserm (organisme français de recherche médicale) qui a participé aux travaux de modélisation publiés dans The Lancet. Marius Gilbert du Laboratoire d’épidémiologie spatiale de l’Université libre de Bruxelles (ULB) y a aussi collaboré.

Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs ont évalué le risque d’importation du virus en Afrique pays par pays, et les capacités de chaque pays à le détecter et à y faire face.

« Dans d’autres pays d’Afrique, le risque d’importation du virus est plus faible mais les carences sanitaires font craindre une diffusion rapide », notent les auteurs qui citent notamment le Nigeria, l’Éthiopie, le Soudan, l’Angola, la Tanzanie, le Ghana et le Kenya.

Ce travail « permet d’alerter les pays les plus exposés sur la nécessité de se préparer à l’éventualité d’introduction du virus », explique Vittoria Colizza, directrice de recherche Inserm.

« Pour plusieurs pays africains ayant de faibles ressources pour gérer une épidémie, les risques sont importants de ne pas disposer de l’organisation et des infrastructures pour la détection, le confinement, la prise en charge des malades, ce qui fait craindre un risque d’épidémie sur le continent », poursuit-elle.

Le bilan de l’épidémie à coronavirus a dépassé mercredi les 2.000 morts. Le nombre de contaminations en Chine continentale a atteint mercredi 74.185. Ailleurs dans le monde, environ 900 personnes contaminées ont été recensées dans une trentaine de pays.​

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