Move with Africa: mieux comprendre la cécité dans le monde

Move with Africa: mieux comprendre la cécité dans le monde

Pendant deux mercredis consécutifs, les élèves de l’école Européenne d’Ixelles et ceux de Sainte-Marie la Sagesse de Schaerbeek se sont rendus à l’Institut Royal pour Sourds et Aveugles à Uccle dans le cadre de Move with Africa. Au programme, deux heures de rencontre avec de jeunes élèves de l’IRSA agrémentées d’ateliers ludiques pour apprendre à se connaître.

Découvrir le travail de Lumière pour le Monde

Il se trouve que, dans une semaine à peine, les élèves de l’école Européenne d’Ixelles et de Sainte-Marie la Sagesse s’envoleront pour le Rwanda avec l’ONG Lumière pour le Monde. Cette ONG belge lutte contre la cécité évitable et pour l’intégration des personnes avec une déficience visuelle en Afrique. Elle travaille main dans la main avec des partenaires locaux en RDC, au Rwanda et en Tanzanie, en leur apportant un soutien financier, technique et organisationnel. L’objectif est d’améliorer les services offerts aux personnes aveugles et malvoyantes et l’accès aux soins oculaires. Selon le rapport annuel de l’ONG, il y aurait plus de 770.000 aveugles et 2.500.000 de malvoyants en RDC, plus de 450.000 aveugles en Tanzanie et plus de 105.000 aveugles au Rwanda. Des chiffres impressionnants, certes, qui dévoilent une situation à laquelle les élèves seront confrontés au Rwanda puisqu’ils séjourneront dans plusieurs centres d’accueil de Lumière pour le Monde dédiés aux aveugles et malvoyants. Les jeunes belges découvriront leur quotidien et organiseront plusieurs ateliers pour apprendre à se découvrir mutuellement. L’objectif est de permettre à tous ces jeunes d’horizons différents de partager et d’échanger sur leur culture, leur société, leur pays…

Une rencontre à l’IRSA

C’est donc en sachant que les handicaps touchent les êtres humains sans distinction de leurs origines, de leurs lieux de résidence ou de leur nationalité, que Lumière pour le Monde a décidé d’organiser deux rencontres à l’IRSA avec des jeunes aveulges et malvoyants. Il faut savoir que selon les statistiques de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) de 2008, environ 1 personne sur 1000 est aveugle et 1 personne sur 100 est malvoyante en Belgique.

C’est dans un petit local cosy de l’Institut que les élèves se retrouvent tous ensemble pour se présenter et faire connaissance. Les éducatrices expliquent que l’institut est divisé en deux sections : une pour les sourds et une pour les aveugles. Pour chaque section, il y a des sections maternelles, primaires, secondaires et des groupes de vie. On y trouve aussi un centre de jour et un centre d’hébergement qui accueillent respectivement 40 et 30 adultes déficients visuels (cécité ou malvoyance) avec déficience mentale (modérée à profonde) et troubles associés. « A quel âge apprend-t-on le braille ? » demande une jeune élève. Les élèves sont surpris d’entendre que tous les jeunes malvoyants n’apprennent pas le braille. Tout dépend du degré de cécité. En effet, grâce aux nouvelles technologies, certaines jeunes apprennent à lire avec l’aide de techniques d’agrandissement qui supposent le déplacement d’un plateau sur les lettres. « Qui est brailliste ici ? » demande alors l’éducatrice. Il se trouve que finalement seuls 4 à 5 élèves le sont dans la pièce. « Moi je n’ai pas compris la différence entre une canne et une pré-canne ? » dit Ginola, un élève de Sainte-Marie la Sagesse. Pour répondre à sa question, une des éducatrices prend alors les deux types de cannes et les expose au groupe. « La première est une invention belge, figurez-vous ! » dit-elle en riant. Il s’agit d’une canne arquée assez large placée sur deux roulettes (voir photo ci-dessous). « Après un certain temps, on apprend aux élèves à se déplacer avec la canne blanche » renchérit-elle. Tout ceci n’est pas simple car il y a toute une technique de balayage de l’espace pour apprendre à se déplacer au quotidien.

Gemma et Adrian posent avec les différents types de cannes. A droite, la fameuse pré-canne belge munie de ses roulettes. Credit: Constance Frère

Des sonorités pour jouer

Les élèves de Move with Africa prennent ensuite les choses en main ! Ils ont préparé plusieurs ateliers ludiques pour jouer avec les enfants de l’IRSA. Le premier groupe part à la découverte des instruments de musique. Gemma, Ioanna, Ginola et Adrian proposent en effet aux enfants de leur apprendre les bases de la guitare et de la flûte à bec. Les autres entament un atelier sur la rythmique. Dans un brouhaha de sons parfois légèrement dissonants, les élèves s’amusent et rient en écoutant la version de Titanic jouée à la flûte par Adrian. Suzanna, une jeune élève de l’IRSA étonne tout le monde en chantant des chansons qu’elle a créées, d’une belle voix fluette, les yeux fermés. La rencontre se clôture par un quizz musical durant lequel l’excitation est à son comble… surtout lorsqu’il s’agit d’une chanson de la fameuse Angèle !

Que pensez-vous de cet article?

Derniers Articles

Journalistes

Dernières Vidéos