RDC : En prison pour offense au président

RDC : En prison pour offense au président

Le premier anniversaire de la passation de pouvoir pacifique entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi a suscité bien des commentaires et des réactions en République démocratique du Congo.

En Ituri, à Bunia, Luc Malembre, figure bien connue de la société civile, longtemps membre du mouvement LUCHA et aujourd’hui porte-parole de Lamuka, la plateforme politique qui a porté la candidature de Martin Fayulu à la présidentielle de décembre 2018, fut une des personnalités interrogées par les médias lors de cet anniversaire.

Luc Malembe a tiré ses conclusions de cette première année de l’ère Tshisekedi en constatant qu’il s’agissait d’une « année perdue ». Et d’étayer ses propos en expliquant que le peuple était en droit d’attendre plus de ce changement à la tête de l’Etat. Et de constater, notamment, la dégradation du pouvoir d’achat des Congolais et la poursuite des massacres dans sa province. Des éléments purement matériels.

Un constat qui lui a pourtant valu d’être convoqué au siège de l’ANR, le service de renseignement. Luc Malembe s’est présenté de lui-même et, après son audition, a été transféré à la prison centrale de Bunia accusé d’offense au chef de l’Etat. Le ministère public l’a placé sous mandat d’arrêt provisoire. Ce mardi, la chambre du conseil a confirmé sa mise en détention préventive .

Ce mercredi, sur le coup de 9 heures, Me Rodrique Kabuya, son avocat, fera appel de cette décision et demandera la remise en liberté de son client. La détention provisoire ne se justifiant que très difficilement dans ce cas. Luc Malembe est un personnage public et un père de famille responsable qui ne risque pas de se soustraire à la justice. Sans oublier son absence évident de dangerosité pour la société.

Me Kabuya rappelle qu’à l’heure actuelle, le juge n’est pas encore saisi. « J’ose croire que le juge va comprendre que l’infraction n’est pas cristallisé et qu’il acquittera mon client », lâche-t-il.

Cette arrestation du porte-parole de Lamuka apparaît clairement comme une décision arbitraire et politique qui rappelle les heures sombres de l’ancien régime. Il faut aussi s’interroger sur le bien fondé de cette action pour offense au chef de l’Etat et se poser la question de « qui est derrière cette initiative liberticide » ?

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