Move with Africa : chaque mot est porteur de sens

Move with Africa : chaque mot est porteur de sens

Depuis septembre 2019, les élèves de l’Athénée Royal Baudouin 1er de Jemeppe-Sur-Sambre et leurs professeurs participent au projet Move with Africa, initié par La Libre Belgique depuis 8 ans.

C’est avec l’ONG VIA Don Bosco que le groupe va suivre une formation d’une année scolaire à l’un des cinq grands volets de la coopération au développement : l’éducation à la citoyenneté mondiale et solidaire (ECMS). Ce volet, fondamental pour comprendre les enjeux des relations Nord/Sud, pour mesurer notre responsabilité en tant que citoyens du monde et en tant que consommateurs quotidiens, se décline sous plusieurs ateliers ponctuels les mercredis après-midi ou certains jours des weekends.

Après avoir écrit par groupe un texte qui parle des clichés sur Afrique, les élèves débriefent en cercle à l’Athénée Royal Baudouin 1er de Jemeppe-Sur-Sambre. Crédit: Constance Frère

Cette formation comporte également un voyage en Afrique, dans ce cas-ci au Bénin, pour découvrir le travail concret des ONG sur place et, surtout, rencontrer des correspondants africains du même âge.  Le but est, ensemble, d’échanger, de débattre et de réfléchir aux grandes problématiques mondiales face auxquelles nous nous retrouvons aujourd’hui.

C’est en avril 2020 que le groupe de Jemeppe-sur-Sambre partira à la découverte du Bénin et de ses habitants. Après 5 mois de formation, les jeunes belges sont impatients et enthousiasmés par cette future rencontre ! Pour les faire patienter, Tine, la responsable de la cellule éducation chez VIA Don Bosco, propose d’organiser un Skype, un mercredi après-midi avec les élèves.

Petit moment de partage pour comprendre comment communiquer lorsque l’on parle de l’Afrique.

Rencontre virtuelle

Malgré une connexion relativement défectueuse, le skype est lancé et, promptement, les élèves se retrouvent face aux jeunes Béninois assis en classe face à la caméra. C’est la toute première fois que les jeunes se rencontrent et l’excitation est à son comble ! « Posez-leur les questions que vous avez préparées ! » propose France, leur professeure. Et par groupe de trois, les élèves prennent place devant la caméra de l’ordinateur pour interroger les jeunes qui se trouvent de l’autre côté de la caméra. « Quelles sont vos passions ? », « Quelles langues parlez-vous au Bénin ? », « Quels sont vos plats favoris ? » demandent les élèves.

Pendant plus de 30 minutes, les jeunes élèves béninois et belges échangent sur leurs passions, leurs rêves et parfois même leur plat préféré!
Les trois jeunes élèves découvrent pour la première fois les visages de leurs correspondants béninois. Un moment de joie!

Malgré le petit décalage de connexion, les élèves béninois répondent aux différentes questions avant de poser les leurs : « Avez-vous un roi ? », « Quelle est votre devise en Belgique ? », « Comment fonctionne le système éducatif ? ». S’ensuivent quelques fous rires, de beaux sourires et, pour certains, une certaine émotion. « C’était trop bien ! J’ai vraiment hâte d’être là-bas et de les rencontrer » s’écrie Elisa. « C’était vraiment touchant et émouvant ce moment » exprime Quassem.

Parfois surpris des réponses données par les uns et par les autres, les élèves s’amusent de leurs différences et s’enthousiasment de leur future rencontre.
Grâce à un Skype projeté sur le mur pour que tout le monde puisse voir, les correspondants béninois assis dans leur salle de classe au Bénin, posent à leur tour des questions aux jeunes belges.

Les réseaux sociaux vecteurs de préjugés

La technologie a certes l’avantage de mettre en lien des personnes à l’autre bout du monde, mais les revers de la médaille sont multiples : perte de l’ancrage dans le présent, addiction aux selfies … Obnubilés par la recherche d’approbation sociale cristallisée par le fameux « Like » ou encore les commentaires, nous en arrivons en effet rapidement à perdre la notion de l’instant présent. En outre, en quête intensive de reconnaissance, il n’est pas rare de voir des européens se photographier avec des enfants africains avec qui ils n’ont même pas encore pris la peine de faire connaissance tandis que d’autres posent à côté d’un cocotier pour le côté exotique en prenant garde de bien « couper » le tas de détritus situé à quelques mètres de là.

Pour illustrer le problème de l’influence des réseaux sociaux sur nos comportements aux élèves, l’ONG Don Bosco s’est servie de cette courte vidéo: 

La notion de « narcissisme » s’est aujourd’hui étendue car elle fait partie intégrante de la majorité de nos relations sociales virtuelles. Il faut en être conscients et réfléchir aux messages que l’on veut faire passer, surtout lorsque l’on parle de l’Afrique, explique Tine. Il est vrai que l’Afrique est déjà l’épicentre de bien des préjugés et renforcer ceux-ci ne lui sert en rien. Move with Africa tente justement d’ouvrir l’esprit de tout un chacun en travaillant en profondeur sur les stéréotypes et les préjugés afin de pouvoir vivre une expérience d’échange respectueuse et intelligente.

Communiquer dans le respect de l’Autre

« Si vous voulez parler de votre expérience en Afrique, il faut être conscient de cinq commandements importants » précise Tine aux élèves. A l’aide d’une petite vidéo, les cinq commandements ne tardent pas à se préciser.  Ne pas généraliser est le premier. Les élèves partent en Afrique, certes, mais plus particulièrement au Bénin. L’Afrique est constituée de plus de 52 pays et chaque pays a ses particularités. Nous avons très souvent tendance à l’oublier et ce faisant, cela renforce les stéréotypes. Le deuxième commandement, c’est de donner une image correcte de l’Afrique, de se renseigner avant d’écrire des choses non vérifiées, de ne pas supprimer certaines informations au profit d’autres. Le troisième commandement c’est qu’il faut cesser de se présenter en tant que héros. Move with Africa n’a pas comme objectif de sauver l’Afrique et il est important, en tant qu’européen, de sortir de ce rôle paternaliste que l’on s’attribue facilement. Le quatrième point suppose de veiller à rester positif. En effet, les médias et autres consorts font souvent des focus sur les choses négatives qui se passent Afrique. On parle des maladies, de la pauvreté, de la guerre, mais rarement des projets ou innovations positifs. Enfin, le cinquième commandement requiert de faire attention aux mots utilisés pour décrire les aventures vécues. Le langage est important et n’est pas neutre. Bref, il convient à tout un chacun de réfléchir plus fondamentalement à l’intention qu’il met derrière une photo, un article ou une vidéo. Donnons-nous des informations correctes ? La personne représentée se sent-elle respectée ? La situation s’y prête-t-elle ? Aurais-je envie, dans cette situation, que l’on me prenne en photo ? Pour les élèves, cela ne semble pas si compliqué de réfléchir à ces cinq commandements avant de poster quelque chose sur les réseaux sociaux. Finalement, ne serait-ce pas là une belle façon de respecter une personne, sa culture et son pays ?

VIA Don Bosco prend un moment pour expliquer aux élèves les effets des réseaux sociaux sur un voyage tel que celui auquel ils participeront bientôt.

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