RDC: au moins 15 civils tués près de Beni, ainsi que deux Maï-Maï et un militaire

RDC: au moins 15 civils tués près de Beni, ainsi que deux Maï-Maï et un militaire

Au moins quinze personnes ont été tuées en 24 heures dans le territoire de Beni dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), ont indiqué mercredi des sources locales à l’AFP alors que trois autres personnes ont trouvé la mort dans des affrontements dans la même province du Nord-Kivu. « Quatorze corps ont été retrouvés, tués à l’arme blanche, et ce n’est qu’un bilan provisoire », a indiqué l’administrateur du territoire de Beni, Donat Kibwana. Un pasteur a trouvé la mort dans une autre attaque, a-t-il ajouté.

Deux survivants étaient opérés à l’hôpital d’Oicha, à 20 km au nord de Beni. Ils avaient le crâne fracassé à la machette, a constaté un correspondant de l’AFP.

« Cela porte à 265 le nombre de civils tués sur ce territoire depuis novembre », ont indiqué les chercheurs du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST) qui disposent d’un réseau d’informateurs dans les deux provinces du Kivu.

Le groupe armé d’origine ougandaise des Forces démocratiques alliées (ADF) est à l’origine de ces attaques, selon l’administrateur du territoire.

Les Forces armées de la RDC (FARDC, l’armée gouvernementale) ont annoncé avoir conquis le QG des ADF et tué cinq des six chefs de ce groupe depuis le début de son offensive contre le groupe armé le 30 octobre dans les forêts et la jungle autour de Beni.

Les ADF sont accusés d’avoir massacré plus de 1.000 civils dans la région de Beni depuis octobre 2014. Depuis novembre, ils ont intensifié leurs tueries contre les civils en représailles aux opérations militaires, d’après les chercheurs du KST.

Le massacre de mardi soir a eu lieu à Manzingi à 20 km au nord-ouest de la ville d’Oicha, à l’ouest de la zone d’actions habituelle des ADF plutôt présents vers la frontière ougandaise, à l’est d’un axe Beni-Oicha-Eringeti).

Un pasteur a été tué dans une autre attaque à Eringeti.

A l’origine, les ADF sont des rebelles musulmans ougandais qui se sont installés dans l’est de l’actuelle RDC en 1995. Ils ne lancent cependant plus d’attaques contre les frontières de l’Ouganda voisin depuis des années.

Les ADF « possèdent les caractéristiques à la fois d’un groupe armé et d’une organisation criminelle, et semble suivre une idéologie islamiste extrême », selon un rapport remis la semaine dernière au Conseil de sécurité des Nations unies.

Il n’y a pas assez d’éléments de renseignements pour prouver « des liens avec des groupes extrémistes islamiques internationaux », ajoute le rapport.

Il souligne que « les ADF entretiennent des liens étroits avec la population locale et font partie intégrante de l’économie illicite dans la région de Beni ».

Par ailleurs, trois personnes – deux miliciens Maï-Maï et un militaire congolais – sont morts dans des affrontements survenus mercredi entre les FARDC et un groupe de combattants locaux, dans le secteur de Bapere, en territoire de Lubero, plus au sud,

Selon le chef de secteur de Bapere, Kombi Nepa Nepa, cité par la radio onusienne Okapi, les FARDC ont lancé une offensive contre la position de ces assaillants. Ils ont tué deux d’entre eux, blessés deux autres et récupéré deux armes du type (fusil mitrailleur Kalachnikov) AK-47.

Le chef du secteur des Bapere confirme qu’un militaire FARDC a été également tué et un autre blessé.

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