Activités de Total en Ouganda: la justice française se prononce jeudi

Activités de Total en Ouganda: la justice française se prononce jeudi

Le tribunal de Nanterre rend jeudi sa décision dans le dossier relatif aux activités de Total en Ouganda, accusé par six ONG de ne pas prendre en compte les impacts de deux méga-projets sur les populations et l’environnement.

Les six ONG françaises et ougandaises demandent au géant pétrolier de revoir son « plan de vigilance », une disposition imposée à toute multinationale par une loi française de 2017 qui les oblige à « prévenir les atteintes graves envers les droits humains » et « l’environnement » chez leurs sous-traitants et fournisseurs étrangers.

Cette loi, dite du « Rana Plaza », a été baptisée ainsi après l’effondrement d’un immeuble en 2013 au Bangladesh, causant la mort de 1.138 ouvriers.

En cause, un projet opéré par le géant pétrolier français aux côtés des compagnies chinoise CNOOC et britannique Tullow: le forage de 419 puits de pétrole près du lac Albert en Ouganda et la construction d’un oléoduc de 1.445 km traversant ce pays et son voisin, la Tanzanie.

Les ONG – les Amis de la Terre, Survie, Afiego, Cred, Nape et Navoda – s’alarment des conséquences de ces projets baptisés Tilenga et EACOP, parlant d' »accaparement » des terres et de « menaces » sur la biodiversité, et jugent le « plan de vigilance » insuffisant.

« Il n’y a rien dans ce plan, tout simplement parce que Total veut échapper à ses responsabilités. Il ne met pas de mesures de vigilance, comme ça il n’a pas à rendre compte de leur mise en oeuvre », avait plaidé Louis Cofflard, avocat des demandeurs, à l’audience en décembre.

« Le plan de vigilance de Total existe, il est adéquat, conforme aux exigences du législateur », avait répliqué Me Antonin Lévy pour Total. « Il y a au sein de Total SA et de sa filiale un suivi complet des droits humains », avait-il assuré, détaillant des mesures prises pour garantir le retour de personnes « sur leurs terres pour cultiver du maïs ».

Le tribunal avait refusé d’entendre les témoins des deux parties. L’un d’eux, Jelousy Mugisha, avait pourtant fait le déplacement pour raconter son histoire.

Lors d’une conférence de presse avant l’audience, il avait expliqué avoir été contraint de quitter les terres de sa famille en 2017, situées sur le site d’une future usine de traitement.

La compensation obtenue n’étant « pas suffisante pour [construire] un foyer ailleurs », il avait assuré être contraint désormais de vivre dans une seule pièce avec sa femme et ses sept enfants.​

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