La position d’Isabel dos Santos à la tête du géant angolais de la téléphonie menacée

La position d’Isabel dos Santos à la tête du géant angolais de la téléphonie menacée

Le pétrolier angolais Sonangol a pris le contrôle du géant local de la téléphonie Unitel et menace ainsi le poste de CEO d’Isabel dos Santos, mise en cause dans un scandale de détournement de fonds publics aux ramifications mondiales. Dans un communiqué daté de vendredi, Sonangol a annoncé avoir racheté l’entreprise portugaise PT Ventures, qui détenait 25% du capital d’Unitel, le numéro 1 angolais de la téléphonie mobile dirigé par la fille de l’ex-président José Eduardo dos Santos.

Ce rachat porte à 50% la part de la compagnie publique pétrolière dans le capital du téléphoniste, et lui permet de changer la composition de son conseil d’administration et de nommer un nouveau patron.

Dans le précédent tour de table, Mme dos Santos dirigeait l’entreprise avec 25% des parts.

Le quart restant du capital d’Unitel est détenu par le général angolais Leopoldino do Nascimento.

Milliardaire et à la tête d’une kyrielle de sociétés, Isabel dos Santos, qui vit entre Londres et Dubaï, est soupçonnée de fraude, détournement de fonds et blanchiment d’argent par la justice de son pays, qui a gelé ses avoirs en Angola et réclamé son extradition.

Celle que les Angolais ont baptisée la « princesse » dément ces accusations et dénonce « une attaque politique » lancée par l’actuel président angolais Joao Lourenço.

Mme dos Santos est aussi accusée par une enquête du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) d’avoir « siphonné l’économie angolaise » et accumulé de manière frauduleuse une fortune estimée à 2,1 milliards de dollars (1,8 milliard d’euros).

La justice portugaise a également ouvert une enquête.

Sonangol a justifié le rachat d’un quart du capital d’Unitel par la nécessité de « stabiliser et normaliser les activités » de l’entreprise, « paralysée » par un « conflit entre actionnaires » qui a, selon elle, « détérioré sa situation économique et financière ».

La demi-soeur d’Isabel dos Santos, Welwitschia dos Santos dite « Tchize », a regretté lundi cette décision.

« Tous les actionnaires d’Unitel (…) sont milliardaires grâce aux activités mises en place par Isabel dos Santos », a-t-elle déclaré à la presse, « la plus grande et la plus rentable entreprise du pays a été construite à partir de rien par l’entrepreneure privée Isabel dos Santos ».

Unitel détient 80% du marché angolais de la téléphonie mobile et emploie des milliers de salariés.

L’ex-président José Eduardo dos Santos, qui a régné sur l’Angola de 1979 à 2017, est accusé par ses détracteurs d’avoir mis l’économie de son pays en coupe réglée au profit d’une poignée de proches. Son successeur, Joao Lourenço, les a depuis limogés des postes clés au nom de la lutte contre la corruption.

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