Maroc : Encore une nuit de confrontations dans le Rif

Maroc : Encore une nuit de confrontations dans le Rif

Nouvelle nuit de face-à- face entre contestataires et force de l’ordre à Al-Hoceïma.

Plusieurs centaines de personnes ont de nouveau manifesté mercredi soir à Al-Hoceïma, dans le nord du Maroc, dans un climat de tension et sous la pression d’un important dispositif sécuritaire déployé dans les rues de la ville, a constaté l’AFP.
Comme chaque soir depuis douze jours maintenant, les protestataires sont descendus par petits groupes dans le quartier de Sidi Abed, peu après la rupture du jeûne du ramadan.
Présentes en force dans la ville, les forces anti-émeutes, casquées, bouclier et matraque en main, se dressaient à chaque point d’entrée du quartier, pour empêcher les manifestants d’y accéder.
Dans un climat de vive tension, elles tentaient de disperser le moindre attroupement, d’où fusaient les habituels slogans de la contestation: « Dignité, liberté, justice sociale! », « Liberté aux détenus! », « Cet Etat est corrompu! » ou « Nous sommes tous Zefzafi », en référence au leader emprisonné de la contestation, Nasser Zefzafi.
Quelques centaines de personnes ont pu finir par se rassembler sur une place de Sidi Abd, sous les applaudissements des femmes -souvent âgées- depuis les paliers de leurs habitations.
« Ce qui a changé, c’est que les policiers du makhzen (pouvoir central) sont plus nombreux qu’avant et ils encerclent plusieurs quartiers de la ville pour nous empêcher de manifester », a lancé Issam, un protestataire, pour qui la principale revendication est désormais la « libération des détenus politiques ».
Le rassemblement s’est terminé peu avant minuit sans violence, alors que les manifestants ne cessent de clamer le caractère « pacifique » de leu mouvement.
La province d’Al-Hoceïma est secouée depuis sept mois par un mouvement de contestation revendiquant le développement du Rif, une région historiquement frondeuse et géographiquement enclavée que les protestataires jugent « marginalisée ».
La quasi totalité des meneurs du mouvement ont été arrêtés depuis dix jours, et font face à de graves accusations de « crimes », notamment « atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat ».
La ville d’Al-Hoceïma, ainsi que la localité voisine d’Imzouren, sont depuis lors en effervescence, et les manifestations nocturnes y sont désormais quotidiennes, malgré le quadrillage de la police.

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