RDC: interdiction d’une marche de l’opposition contre la « balkanisation » du pays

RDC: interdiction d’une marche de l’opposition contre la « balkanisation » du pays

Les autorités de Kinshasa ont interdit mercredi une marche convoquée pour vendredi à l’appel de l’opposant et ex-candidat Martin Fayulu contre la « balkanisation » de la République démocratique du Congo et les massacres des civils dans l’est du pays. Cette marche peut « perturber l’ordre public », a écrit le gouverneur de Kinshasa, Gentiny Ngobila, à la coalition Lamuka constituée autour de M. Fayulu, qui revendique la victoire à l’élection présidentielle du 30 décembre 2018.

Le gouverneur a rappelé que le 17 janvier est un jour férié à la mémoire du « héros national Patrice Emery Lumumba », assassiné le 17 janvier 1961.

Joint par l’AFP, M. Fayulu a qualifié cette décision d' »arbitraire »: « Nous maintenons notre marche et nous allons marcher vendredi », a réagi l’opposant qui conteste l’élection du président Félix Tshisekedi.

Dans une conférence de presse lundi, il a accusé M. Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila d’avoir orchestré la « balkanisation » de la RDC, surtout dans sa partie est.

Ce mot de « balkanisation » est revenu en force dans le débat depuis quelques semaines, porté par cette partie de l’opinion qui dénonce la responsabilité présumée du voisin rwandais.

Début janvier, l’archevêque de Kinshasa, le cardinal Fridolin Ambongo, a dénoncé « un plan de balkanisation » derrière l’arrivée en RDC d' »immigrés rwandais ».

Un ancien Premier ministre, Adolphe Muzito, avait déclaré fin décembre qu’il fallait « faire la guerre au Rwanda pour rétablir la paix dans la région ».

« Nous demandons au Rwanda de reconnaître les tueries que son armée a orchestrées au Congo » entre 1996 et 2003, a lui-même déclaré M. Fayulu lors de sa conférence de presse.

Pendant les fêtes de Noël, M. Fayulu a séjourné à Beni, région du Nord-Kivu meurtrie par le massacre de centaines de civils depuis 2014, attribué au groupe d’origine ougandaise des ADF.

Depuis l’investiture de l’opposant Tshisekedi le 24 janvier 2019, la majorité des manifestations d’opposition sont autorisées et encadrées par la police.

La coalition Lamuka avait soutenu Martin Fayulu aux élections générales du 30 décembre.

Ses leaders (Martin Fayulu, Jean-Pierre Bemba, Moïse Katumbi, Adolphe Muzito) se sont depuis divisés, tous ne soutenant pas l’intransigeance de M. Fayulu qui réclame la « vérité des urnes ».​

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