La Guinée tourne au ralenti pour le début d’une mobilisation anti-Condé

La Guinée tourne au ralenti pour le début d’une mobilisation anti-Condé

Conakry et plusieurs villes de Guinée tournaient lundi au ralenti, avec une circulation quasi inexistante et des écoles et commerces fermés au premier jour d’une mobilisation contre le projet prêté au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat fin 2020.

La contestation, plusieurs fois durement réprimée, a causé depuis mi-octobre la mort d’au moins vingt civils et un gendarme. Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), le collectif de partis, de syndicats et de membres de la société civile qui mène la protestation, a appelé à partir de lundi à une mobilisation « massive » et « illimitée » qui fait craindre de nouvelles violences.

Un correspondant de l’AFP a décrit la capitale Conakry comme quasiment à l’arrêt, avec très peu de véhicules dans les rues et de nombreuses écoles, magasins et stations essence fermées

« L’appel à la résistance lancé par le FNDC est largement suivi dans plusieurs villes de la Guinée. Cela s’est matérialisé par une paralysie totale des principaux axes routiers, la fermeture des boutiques et commerces, la cessation totale ou partielle des activités ou leur ralentissement selon les lieux », a indiqué le FNDC à la mi-journée dans un communiqué. La protestation touche Conakry et une trentaine de villes, dit-il.

Des coups de feu à l’origine indéterminée ont été entendus une partie de la nuit dans la banlieue de la capitale, fief de l’opposition. Dans la matinée, des échauffourées ont éclaté entre jeunes et forces de l’ordre non loin de l’université Général-Lansana-Conté, selon le correspondant de l’AFP.

Le FNDC a rapporté des affrontements à Conakry, Boffa et à N’Zérékoré, et quatre arrestations dans la capitale.

Ce début de mobilisation « est un succès », a déclaré à l’AFP le responsable national du FNDC, Abdourahmane Sanoh.

Le gouvernent avait invoqué le trouble à l’ordre public et l’absence de permis de manifester pour réprimer durement les premiers rassemblements à partir d’octobre. Il avait ensuite autorisé les manifestations sous conditions, sans que les violences cessent complètement.

Depuis mi-octobre, le FNDC a fait descendre dans la rue à plusieurs reprises des dizaines ou des centaines de milliers de Guinéens dans ce petit pays de 13 millions d’habitants.

L’opposition est convaincue que le chef de l’Etat, élu en 2010 et réélu en 2015, entend se représenter fin 2020 alors que la Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels. Elle a été confortée dans ses craintes en décembre quand M. Condé, 81 ans, a indiqué qu’il comptait soumettre aux Guinéens un projet de nouvelle Constitution, même s’il ne s’est pas exprimé sur ses intentions personnelles.​

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