La RDC commémore ses martyrs de l’indépendance de 1959

La RDC commémore ses martyrs de l’indépendance de 1959

La République démocratique du Congo (RDC) a célébré samedi la journée des martyrs de l’indépendance, les premières émeutes en faveur de l’indépendance qui s’étaient déroulées à Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa) voici 61 ans, du 4 au 7 janvier 1959, rapporte dimanche la presse locale. Traditionnellement fériée en RDC, cette journée a donné lieu à quelques commémorations dans toute la RDC, dont des dépôts de gerbes dans plusieurs des 26 provinces.

A Kinshasa, le président national de l’Eglise du Christ au Congo (ECC, protestante), le pasteur André Bokundoa Bolikabe, a appelé les forces vives de la RDC à l’éveil de conscience collective sur la persistance de l’insécurité dans le pays, et plus particulièrement dans l’est, toujours en proie à des violences. Il l’a fait lors d’un culte d’actions de grâces organisé en la cathédrale du Centenaire, dans la commune kinoise de Lingwala, selon l’agence congolaise de presse (ACP).

Le pasteur Bokundoa a notamment invité le président Félix Antoine Tshisekedi à organiser une table ronde réunissant toutes les forces vives pour trouver des solutions durables afin de mettre fin aux tueries qui endeuillent les deux Kivu et l’Ituri.

A Bunia, le chef-lieu de l’Ituri (nord-est), le gouvernement provincial a rendu hommage samedi à tous les militaires et civils tombés lors de la recherche de la paix en Ituri et au Nord-Kivu voisin en 2019.

Les émeutes de janvier 1959 avaient révélé les aspirations des Congolais à l’indépendance, un an et demi avant que la Belgique, puissance coloniale, ne l’octroie.

Elles avaient été provoquées par l’interdiction tardive d’un meeting de l’Alliance des Bakongo (ABAKO)/Kalamu – le parti politique de Joseph Kasa Vubu, qui allait devenir le premier président du Congo indépendant – par l’administrateur provincial de Léopoldville, Jean Tordeur.

Elles avaient dégénéré en pillages et l’administration coloniale avait réagi en réquisitionnant la Force publique pour circonscrire les émeutes et réprimer leurs auteurs. Une douzaine de leaders de l’ABAKO, dont M. Kasa-Vubu, Daniel Kanza, Simon Nzeza, Gaston Diomi, Arthur Pinzi, avaient été arrêtés et ce parti dissous car il représentait « une menace pour la sécurité publique » en raison de sa demande d’accession immédiate à l’indépendance.

Ces « révoltes populaires et sociales spontanées », selon l’expression du directeur national des services des archives du Congo, Antoine Lumenganeso, avaient fait 23 morts selon la presse (14 Congolais et neuf colons tués) et 42 selon certains historiens. Mais des sources congolaises évoquent un bilan d’une centaine, voire de plusieurs centaines de victimes.

« C’était, au fait, la précipitation des événements pour la marche du Congo à l’indépendance. Cette période marque la fin des illusions, débutée en 1955, date du voyage du roi Baudouin au Congo », selon ce chercheur.

Dans une allocution radiodiffusée le 13 janvier 1959, le Roi Baudouin 1er avait promis « de conduire, sans atermoiements funestes mais sans précipitation inconsidérée les populations congolaises à l’indépendance, dans la prospérité et la paix ».

L’indépendance s’était concrétisée dix-huit mois plus tard, le 30 juin 1960, après la « table ronde » de Bruxelles, du 20 janvier au 20 février de la même année.​

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