La diplomatie pour les nuls: nulle part ailleurs qu’au Congo!

La diplomatie pour les nuls: nulle part ailleurs qu’au Congo!

Commentaire par Marie-France Cros.

 

On se souvient que les élections présidentielle, législative et provinciales du 30 décembre 2018 au Congo-Kinshasa ont abouti à un partage du pouvoir non légitimé par les résultats électoraux, les bulletins de vote n’ayant jamais été produits pour l’appuyer: à Félix Tshisekedi la Présidence; aux kabilistes une hyper-majorité à l’Assemblée nationale et dans les assemblées provinciales (donc au sénat et parmi les gouverneurs de province, élus par ces dernières).
 
Cela n’avait pas empêché les séances de “validation des mandats”, à l’issue desquelles 31 membres de l’Assemblée nationale avaient été validés en mai et juin derniers, puis invalidés par de nouveaux arrêts de la même Cour constitutionnelle en juillet, après des protestations. Ces 31 validés-invalidés s’étaient trouvé un porte-parole, Louis d’Or Balekelayi, qui avait multiplié les protestations. En vain, avait assuré, le 23 août, la présidente de l’Assemblée nationale, Jeanine Mabunda, qui s’était tout de même engagée à trouver une solution politique.
 
Comme celle-ci se faisait toujours attendre après Noël, les 31 validés-invalidés avaient menacé, le 28 décembre dernier, de demander des sanctions contre Kinshasa à l’Union interparlementaire. La menace – ou l’éloquence à la Saint-Jean Bouche d’Or de Louis d’Or Balekelayi – aurait porté ses fruits: les 31 validés-invalidés seront, selon leur porte-parole, payés par le Trésor public et bénéficieront de tous les avantages reconnus aux députés, tout en ne siégeant pas au Palais du Peuple.
 
Louis d’Or Balekelayi affirme que cette décision a été communiquée aux 31 validés-invalidés par les plus hautes instances, qui auraient précisé que le mode opératoire de cette mesure inédite autant que non-orthodoxe sera fixé au cours de la réunion inter-institutionnelle prévue ce mois-ci. Le porte-parole des validés-invalidés a déjà remercié publiquement le président Félix Tshisekedi et son prédecesseur, le “Président honoraire”, Joseph Kabila, pour cette solution. Celle-ci, qui ferait des 31 validés-invalidés des crypto-revalidés, revient donc à les faire payer par l’Etat sans qu’ils travaillent, alors que des milliers d’autres Congolais (enseignants, agents électoraux, employés d’entreprises publiques, etc… travaillent pour l’Etat sans être payés.
 
Pourquoi pas? Kinshasa ne vient-il pas d’adopter un budget 2020 de 11 milliards de dollars, alors que les prévisions les plus optimistes fixent ses recettes à 6 milliards de dollars maximum? Et le Fonds monétaire international n’a-t-il pas décidé le mois dernier d’octroyer au Congo un prêt d’urgence de 368,4 millions de dollars pour renflouer sa Banque centrale?

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