RDC : Réponse de Kinshasa à l’Onu sur le Kasaï

RDC : Réponse de Kinshasa à l’Onu sur le Kasaï

Le gouvernement de la République démocratique du Congo « reste ouvert et accepte la collaboration de l’ONU pour une enquête internationale sur les violences au Kasaï » (dans le centre du pays), affirmé mardi la ministre congolaise des Droits humains, Marie-Ange Mushobekwa, citée par des médias locaux, en réponse à un ultimatum des Nations Unies. Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a indiqué mardi attendre d’ici deux jours des engagements de Kinshasa sur des investigations sur les violences dans la province du Kasaï – qui ont coûté la vie à deux experts de l’ONU, brandissant la menace d’une enquête internationale.

« A moins que je reçoive d’ici le 8 juin des réponses appropriées du gouvernement concernant une enquête conjointe, j’insisterai sur la création d’un mécanisme d’enquête international pour le Kasaï », a déclaré M. Al Hussein.
« Le gouvernement de la RDC n’a rien à cacher. Nous restons ouverts à tout appui logistique et technique et si l’ONU veut nous envoyer des experts en appui aux enquêteurs congolais pour faire la lumière dans l’assassinat de Sharp et Catalan (l’Américain Michael Sharp et la Suédo-chilienne Zaida Catalan, ndlr) et d’autres Congolais assassinés par la milice de Kamuina Nasapu, ces équipes sont les bienvenues », a rétorqué la ministre congolaise Marie-Ange Mushobekwa.
Pression massive
A l’ouverture mardi de la 35ème session du Conseil des droits de l’Homme à Genève, le Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme a rappelé qu’il réclamait depuis mars dernier la création d’une commission d’enquête du Conseil sur les violences en RDC après la découverte notamment de charniers dans les provinces du Kasaï.
La pression de l’ONU sur la RDC intervient alors que des ONG ont réclamé la semaine dernière une enquête internationale sur les violences meurtrières commises depuis septembre dans le grand espace du Kasaï.
Les Etats-Unis ont aussi appelé lundi les Nations unies à créer une commission d’enquête sur les meurtres en mars de deux experts onusiens qui cherchaient à prouver l’existence de fosses communes en RDC.
Depuis septembre, la grande région du Kasaï est secouée par la rébellion de Kamwina Nsapu, chef traditionnel tué en août 2016 lors d’une opération militaire après s’être révolté contre les autorités de Kinshasa.
Selon l’ONU, ces violences ont fait plus de 400 morts et causé le déplacement de 1,3 million de personnes. Un député d’opposition de la région a évalué le bilan à plus de 3.000 morts. Dans les provinces du centre de la RDC, l’ONU a dénombré 40 fosses communes.

Que pensez-vous de cet article?