Tropical Storm, ou comment l’armée se prépare à opérer dans la jungle gabonaise

Tropical Storm, ou comment l’armée se prépare à opérer dans la jungle gabonaise

Infiltrations par air (parachutages et descentes en rappel d’hélicoptères), par la mer ou par les rivières, raids, combats en milieu urbain, survie en jungle…. l’armée belge a mis les petits plats dans les grands pour un exercice d’un mois au Gabon, qui s’est terminé cette semaine avec comme objectif d’acclimater ses unités para-commandos à un environnement particulièrement exigeant. Cet exercice, baptisé Tropical Storm, en était à sa troisième édition dans ce pays d’Afrique centrale devenu une destination de prédilection pour les forces armées belges, soucieuses de conserver leur expérience africaine – et notamment une capacité à opérer en conditions tropicales.

Il a principalement impliqué les unités du « Special Operations Regiment » (SOR), qui rassemble le groupe des Forces spéciales (SFG) de Heverlee, près de Louvain, et les deux bataillons para-commandos (le 2e bataillon de commandos de Flawinne et le 3e bataillon parachutiste de Tielen, en province d’Anvers). Avec le renfort de huit appareils de la composante Air (trois avions de transport C-130 Hercules, trois hélicoptères légers A109 Hirundo et deux de transport NH90 Caïman) et de spécialistes de la composante médicale. Soit plus de 800 personnes, dont une trentaine ont poussé une petite pointe jusqu’en République démocratique du Congo (RDC).

L’édition 2019, après celles de 2015 et 2017, a été « un très grand cru », a résumé le commandant du SOR, le colonel Tom Bilo, à la mi-décembre devant un parterre de responsables militaires belges, français (qui ont mis des moyens à la disposition de Tropical Storm) et américains – un peloton de Marines venu d’Espagne s’est joint aux para-commandos, notamment lors d’opérations amphibies – et gabonais.

Le Gabon, ancienne colonie française située sur l’Equateur, à 5.600 kms de la Belgique, permet aussi de tester la capacité de déploiement stratégique, requise pour effectuer des opérations d’évacuation d’expatriés d’une zone en crise, baptisée en jargon NEO (« Non-combatant Evacuation Operation ») – l’une des tâches permanentes fixée à l’armée par le gouvernement -, soulignent les responsables militaires. Les participants à Tropical Storm ont en effet emmené 150 véhicules, plus d’une centaine de conteneurs, treize bateaux à moteur de type Zodiac, dont l’essentiel a été acheminé par un navire civil loué par la Défense. Les hélicoptères ont pour leur part fait le déplacement à bord de deux vols d’avions cargo géants Antonov An-124.

Et pourtant, l’objectif principal était d’apprendre aux militaires des unités para-commandos à opérer dans des conditions rudimentaires en zone tropicale, dans une jungle inhospitalière où pullulent insectes et serpents. D’un point de vue purement militaire, Tropical Storm était axé sur la pratique de tactiques d’opérations spéciales, de techniques et de procédures dans des telles conditions climatiques difficiles, avec la fin de la « petite saison » des pluies.

Le Gabon a mis plusieurs lieux à la disposition des troupes belges, dont une partie de l’aéroport de Libreville, la capitale, mais aussi des terrains à Lambarene – une ville sur le fleuve Ogooué connue pour l’hôpital du Dr Albert Schweitzer, prix Nobel de la Paix en 1952 -, Ndjole et Mouila. En échange, des parachutistes gabonais formés par des instructeurs belges ont effectué des sauts depuis des C-130 belges, alors que d’autres militaires gabonais ont été intégrés dans des compagnies belges lors de phases tactiques de l’exercice.

L’armée française, qui dispose au Gabon d’une des quatre bases militaires permanentes pré-positionnées en Afrique (avec Dakar, Djibouti et la Côte d’Ivoire), a pour sa part ouvert aux Belges son « centre d’entraînement au combat en forêt », utilisé par les Eléments français au Gabon (EFG) et situé à Cap Estérias, à une vingtaine de kms au nord de Libreville.

Cette installation a permis aux militaires belges de pratiquer des opérations aéroportées (largage de plongeurs de C-130) et amphibies, avec des assauts menés en Zodiac depuis la mer. Ils ont aussi reçu l’appui de fusiliers marins néerlandais spécialistes du combat en jungle, capables de détecter la moindre trace d’éléments « ennemis ».​

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