RDCongo: les agents de la Ceni se battent pour 8 mois d’arriérés de salaire

RDCongo: les agents de la Ceni se battent  pour 8 mois d’arriérés de salaire

Par Marie-France Cros.

Depuis des semaines et des semaines, les agents de la Ceni (Commission électorale nationale indépendante) se battent pour réclamer le paiement de leurs arriérés de salaires et la prime de fin des opérations électorales liées au scrutin du 30 décembre 2018. Selon leurs recherches, l’argent est bien versé au bureau de la Ceni (930 millions de FC/mois) – mais ne leur parvient pas.

Certains agents de la Ceni ne sont plus payés depuis 5 mois, d’autres depuis 8 mois. Une situation intenable pour eux. Depuis des semaines, ils enchaînent les manifestations et les sit-in devant la Ceni et devant le ministère des Finances. Ce dernier est dirigé depuis septembre dernier par José Sele Yalaghuli (FCC, coalition kabiliste). Ses bureaux ont réclamé de la Ceni la liste du personnel – et ne l’obtiendra que le 9 décembre, après une pression intense des protestataires, ce qui fait dire à ceux-ci que le bureau de la Ceni cherchait à couvrir des malversations.

Sanctions des Etats-Unis pour « corruption »

Ce bureau – officiellement sortant depuis juin, mais pas encore remplacé – est dirigé par le président Corneille Nangaa et le vice-président Norbert Kitintima Basengezi. Tous les deux sont l’objet de sanctions des Etats-Unis depuis février 2019 pour « corruption ».

Début novembre, le ministère des Finances à ordonné (voir photo) le versement de 930 millions de francs congolais (FC), soit un demi million de dollars, à la Ceni pour le paiement des salaires de novembre. A la veille de Noël, les agents n’en ont toujours rien reçu. Selon le syndicat SEN, Corneille Nangaa a indiqué début décembre qu’il gardait la paie de novembre « en attendant le complément ».

La colère s’est encore accrue depuis que les agents de la Ceni se sont aperçus que le bureau de celle-ci avait réclamé 22 millions de dollars au gouvernement pour « apurer des dettes aux fournisseurs ». « Nous savons bien que ce sont eux les soi-disant fournisseurs », s’indignent les protestataires. Le ministère des Finances réclame évidemment la liste de ces fournisseurs – en vain jusqu’ici apparemment. Le ministère serait inquiet des « disparités et incohérences » entre les montants libérés par le ministère du Budget – dirigé par Jean Baudouin Mayo (UNC, le parti de Vital Kamerhe) – et ceux parvenant à la Ceni.

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